Environnement

Réchauffement climatique : Coup de chaud « exceptionnel » sur la Terre depuis 3 ans

L’ONU tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur le climat : depuis 2015, le rythme du réchauffement climatique planétaire est dramatiquement « exceptionnel ».

N’en déplaise aux climato-sceptiques et à Donald Trump, le réchauffement climatique de la planète s’accélère à un rythme « exceptionnel ». En effet, les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées.

Il est désormais confirmé que les années 2015, 2016 et 2017, qui s’inscrivent clairement dans la tendance au réchauffement sur le long terme. Causée par l’augmentation des concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre, sont les trois années les plus chaudes jamais enregistrées.

A averti jeudi 18 janvier l’Organisation météorologique mondiale (OMM), une agence spécialisée de l’ONU.

Pas seulement l’effet Niño

Sous l’effet du puissant Niño, l’année 2016 se trouve en tête de liste avec 1,2°C de plus qu’à l’époque préindustrielle. L’ONU utilisant la période 1880-1900 comme référence. Ainsi, d’après les dernières données, l’OMM a constaté que la température moyenne à la surface du globe en 2017 et 2015 dépassait de quelque 1,1 °C celle de l’époque préindustrielle.  Or, l’année 2017, qui n’a pas connu d’effet Niño, décroche le record de l’année la plus chaude jamais constatée.

17 des 18 années les plus chaudes appartiennent au XXIe siècle. Et le rythme du réchauffement constaté ces trois dernières années est exceptionnel. Ce dernier a été particulièrement marqué dans l’Arctique. Ce qui aura des répercussions durables. Et de grande ampleur sur le niveau de la mer et les régimes météorologiques dans d’autres régions du monde.

S’est désolé le secrétaire général de l’OMM, le Finlandais Petteri Taalas.

Selon les statistiques de l’ONU, la température moyenne en 2017 a dépassé d’environ 0,46°C la normale calculée pour les années 1981 à 2010.

La température record devrait attirer l’attention des dirigeants mondiaux, y compris du président Trump, sur l’ampleur et l’urgence des risques que les changements climatiques font subir aux populations, riches et pauvres, dans le monde.

A estimé Bob Ward, du Grantham Research Institute on Climate Change de Londres.

L’accord de Paris toujours réalisable ?

En effet, Donald Trump a, à maintes reprises, exprimé son scepticisme sur la réalité du changement climatique. Il a notamment retiré les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, estimant qu’il était vain et détruirait des emplois industriels. Pourtant, avec cet accord climatique en 2015, la communauté internationale s’était engagée à contenir le réchauffement « bien en deçà de 2°C ».

Avec la tendance actuelle statistique du réchauffement, on peut déjà prévoir que d’ici 2060, 2070, on pourra atteindre ce seuil.

A déclaré Omar Baddour, le coordinateur scientifique à l’OMM avant d’avertir :

Et si le réchauffement continue à être accéléré par davantage d’émissions de gaz à effet de serre, on pourra aussi atteindre ce seuil probablement bien avant cette date.

Par ailleurs l’ONU a mis en avant que la hausse des températures ne représente qu’une partie du changement climatique. En effet, la chaleur de 2017 s’est accompagnée de conditions météorologiques extrêmes un peu partout dans le monde.

C’est l’année la plus coûteuse qu’aient connue les Etats-Unis d’Amérique en termes de catastrophes météorologiques et climatiques. Tandis que dans d’autres pays, les cyclones tropicaux, les sécheresses et les inondations ont entraîné un ralentissement. Voire une régression économique.

A fait observer Petteri Taalas.

Ainsi, subissant des incendies, mais aussi de graves inondations et des épisodes de sécheresse, la Californie a illustré cette année l’ampleur des phénomènes climatiques extrêmes favorisés par cette nouvelle donne. En outre, le passage d’Irma a lui aussi témoigné de puissants cyclones. Ceux-ci ont tour à tour balayé les îles des Caraïbes, comme à Saint-Barthélémy, dévastée par des vents d’une rare violence.

De son côté, La Nasa a également diffusé ce jeudi 18 janvier une série de représentations, montrant la hausse récente des températures moyennes à la surface du globe.

Publié le vendredi 19 janvier 2018 à 12:04, modifications vendredi 19 janvier 2018 à 10:14

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