Environnement

Chine : Menace d’une catastrophe écologique après le naufrage d’un pétrolier

Le pétrolier Sanchi, qui transportait 136.000 tonnes de produits pétroliers, a coulé relâchant une nappe de pétrole de 100 km2, provoquant la plus grave marée noire depuis près de trente ans.

Le pétrolier iranien Sanchi a coulé dimanche 14 janvier en mer de Chine orientale. Il a relâché une nappe de pétrole d’environ 100 km2, selon les autorités japonaises et les médias chinois. Ce naufrage pourrait provoquer une catastrophe écologique majeure sur les côtes orientales de la Chine et sur les côtes méridionales du Japon et de la Corée du Nord.

136.000 tonnes de produits pétroliers

Le bâtiment transportait 136.000 tonnes de condensats, des hydrocarbures légers. Le Sanchi avait pris feu le 6 janvier au large de Shanghai après être entré en collision avec le vraquier hongkongais CF Crystal, alors qu’il faisait route vers la Corée du Sud. Poussé par des vents violents, il a ensuite dérivé en direction de la zone économique exclusive (ZEE) japonaise. Il a ensuite sombré à environ 300 km à l’ouest d’Amami Oshima, dans l’archipel des Ryukyu dont la principale île est Okinawa.

Par ailleurs, seuls trois corps ont pu être récupérés sur les 32 membres d’équipage qui se trouvaient à bord, dont 30 Iraniens et deux Bangladais. Il n’y a aucun espoir de retrouver des survivants et les opérations de recherche ont été interrompues. En effet, les efforts des secours se sont révélés particulièrement difficiles à cause des températures élevées (89 degrés Celsius) à bord du navire iranien, selon He Wanb, spécialiste de la société pétrolière chinoise Huade Petrochemical, cité par CCTV.

Des nappes d’hydrocarbures en provenance du bateau continuent à brûler à la surface de l’eau.

A indiqué ce lundi 15 janvier le ministère chinois des Transports.

En outre, une nappe de 10 km sur 7, flottait encore à la surface à l’endroit du naufrage. Une information rapportée par le Quotidien du peuple, un journal officiel chinois. D’après la télévision nationale, l’incendie a cessé de se consumer vers 10h locales ce lundi. Des navires équipés de lances à incendie arrosent la surface de l’eau à l’aide de produits détergents, afin d’éliminer la pollution.

Une marée noire historique

Les experts comparent cette marée noire à celle causée par l’Exxon Valdez en Alaska en mars 1989. Ou encore à celle de l’ABT Summer qui avait déversé 260.000 tonnes de brut au large des côtes de l’Angola en mai 1991.

L’accident constitue le plus gros rejet de condensats dans la nature de toute l’histoire du pétrole.

A commenté depuis l’Alaska Richard Steiner, un spécialiste des marées noires. Celui-ci a supposé que la totalité de la cargaison a été soit brûlée, soit répandue en mer.

Vu le mauvais état de la coque après une semaine d’explosions et d’incendie. Il est probable que tous les réservoirs aient été endommagés. Et que tous les condensats ainsi que le carburant se soient déversés.

Enfin, le naufrage du bateau, avant que la totalité de la cargaison ait brûlé, constitue « la pire éventualité possible », a déclaré au quotidien Global Times le militant écologiste Ma Jun. Les condensats « empoisonnent la faune sous-marine », a-t-il averti. En effet, à la différence du brut, les condensats, une fois rejetés en mer, ne forment pas une nappe en surface. Mais plutôt un nuage toxique qui flotte entre deux eaux. Ainsi, cétacés, poissons, oiseaux et plancton qui entrent en contact avec cette pollution peuvent soit mourir à brève échéance, soit contracter des maladies, des infirmités ou encore devenir stériles. Or, la région est une importante zone de frai pour de nombreuses espèces de gros poissons, dont les œufs ont étés sans aucun doute exposés aux rejets toxiques, a ajouté le spécialiste.

Publié le mardi 16 janvier 2018 à 9:23, modifications mardi 16 janvier 2018 à 8:58

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