Environnement

Quel avenir pour l’agriculture biologique en France ?

De plus en plus d'agriculteurs se convertissent au bio

Devant le succès du bio, de plus en plus de professionnels se tournent vers l’agriculture biologique. Mais l’avenir est-il aussi beau qu’on le croit ?

On le sait, le bio remporte de plus en plus de succès actuellement, les Français étant désireux de manger mieux et plus sain. Ce n’est pas un hasard si les agriculteurs choisissent de plus en plus le bio ! En effet, 21 fermes ont choisi de passer en production biologique chaque jour en 2016. Ce qui est quand même énorme !

Mais l’avenir de l’agriculture biologique en France semble plus compliqué que prévu… Pourquoi ? On vous explique tout en détails ! Et vous risquez d’avoir quelques surprises…

Quel objectif avec l’agriculture biologique ?

Le bio, c’est tout un état d’esprit qui gravite autour d’un mode de vie et d’une alimentation saine. L’idée est de nourrir les hommes sans abîmer la Planète, du moins en partie. C’est peut-être un petit peu trop résumé, mais dans le cadre de l’agriculture biologique, la philosophie et l’état d’esprit est bien là !

Vous le comprenez donc, on est complètement à l’opposé de l’agrochimie et des OGM, qui sont la base de l’agriculture productiviste. Bien au contraire, on souhaite développer des techniques naturelles, limiter l’utilisation des pesticides, et retrouver un travail de la terre intelligent.

Pourtant, les agriculteurs qui font du bio n’ont pas toujours été soutenus. Ils ont longtemps été pointés du doigt, notamment par la FNSEA, principal syndicat d’agriculteurs, qui a très longtemps soutenu l’agriculture intensive et « moderne ».

Les choses semblent doucement changer, ce qui explique le succès du bio, notamment en 2016…

La crise agricole

L’agriculture traverse une crise durable et compliquée. Une crise économique d’abord, qui fait péricliter les fermes conventionnelles. Les faillites sont extrêmement nombreuses, et mènent les agriculteurs dans des situations financières catastrophiques. Mais une crise sociale également. Quand on sait qu’un éleveur de vaches laitières travaille 70 heures par semaine et qu’il ne parvient même pas à se verser quelques euros à la fin du mois… C’est navrant, injuste, et tout simplement insupportable pour ces agriculteurs et ces éleveurs qui travaillent dans les exploitations depuis plusieurs générations bien souvent.

Il faut savoir que beaucoup d’agriculteurs vivent des minimas sociaux, et qu’ils sont criblés de dettes. D’ailleurs, on a constaté une augmentation du nombre de suicides chez les agriculteurs qui n’arrivent pas à s’en sortir. Et la mise en concurrence avec les autres pays n’est pas faite pour arranger les choses puisque les prix de ce qui est produit hors de France est bien moins cher… Le bio représente donc un espoir nouveau, et attire de nombreux agriculteurs qui voient en l’agriculture biologique un espoir nouveau de mieux s’en sortir.

Le bio, un secteur en plein essor

Quand on voit que Danone ou encore Coca Cola se tournent vers le bio, on se dit qu’en effet, il y a quelque chose à faire dans le secteur ! En Europe, c’est un marché qui représente 25 milliards d’euros… Ah oui, quand même !

Et surtout, on a remarqué que les producteurs bio s’en sortent plutôt bien. En effet, sur le plan agricole mais aussi sur le plan économique, les professionnels ont des solutions viables. On constate effectivement qu’ils sont plus autonomes, et surtout bien moins endettés ! Pourquoi ? Et bien tout simplement parce que les circuits sont plus courts, les intermédiaires moins nombreux, les produits mieux valorisés… Les consommateurs sont prêts à payer plus chers lorsque c’est bio ! Et du coup, l’agriculteur s’y retrouve bien plus facilement…

Un marché à part entière

21 fermes par jour se sont converties au bio l’année dernière. Nous ne sommes donc plus du tout face à un marché de niche, mais bel et bien face à un marché classique. D’ailleurs, le bio en France, c’est 7 milliards d’euros !

Les consommateurs sont de plus en plus nombreux. 9 Français du 10 avouent consommer au moins un produit bio chaque mois. Et ce chiffre est en augmentation constante. Autant dire que le marché prend de l’ampleur, et que les agriculteurs l’ont bien compris. C’est pour cette raison qu’ils font de plus en plus le choix de l’agriculture bio.

Et comme c’est curieux… La FNSEA semble changer son fusil d’épaule, et s’intéresse maintenant beaucoup au bio ! A tel point que certains observateurs craignent que le syndicat finisse par prendre le contrôle de l’agriculture bio en France…

L’attitude des chambres d’agriculture a changé

Depuis quelques mois, on constate que les chambres d’agriculture, principalement présidées par la FNSEA d’ailleurs, ont changé l’orientation de leur politique. Elles dénoncent de plus en plus souvent les pesticides et les OGM. Et elles jouent en faveur de l’agriculture biologique. Elles souhaitent aider les agriculteurs à se convertir au bio, ce qui n’était pas vraiment le cas il y a encore quelques années.

Le grand objectif des chambres d’agriculture est de faire cohabiter l’agriculture biologique et l’agriculture traditionnelle. Ce qui semble particulièrement compliqué, car l’esprit n’est pas du tout le même ! En effet, le bio, c’est le respect de l’environnement, du sol, des animaux, des végétaux… C’est l’idée de produire sans détruire. De consommer des aliments sains et de grande qualité. On est donc totalement à l’opposé d’un système agricole qui pollue avec des pesticides et des OGM, qui pratique l’élevage intensif etc…

Dur dur d’imaginer ces deux états d’esprit se mettre d’accord un jour. Et pourtant, c’est l’objectif annoncé des différentes chambres d’agriculture en France. On constate pourtant que l’agriculture bio n’est pas aussi encouragée qu’on a tendance à nous le faire croire…

Et l’argent public ?

En effet, l’argent public n’est pas toujours employé à bon escient, et ceux qui reçoivent le plus ne sont pas ceux qui font du bio. On sait ainsi par exemple que certains régions, comme l’Île de France ou encore l’Auvergne et le Rhône Alpes, versent des aides publiques aux chambres d’agriculture qui sont ensuite chargées de les répartir. Or, les choix financiers ne semblent pas toujours être dirigés vers l’agriculture biologique, contrairement à ce qu’on pourrait penser.

La FNSEA maintient pour l’instant son discours, estimant qu’il est absolument nécessaire de faire cohabiter les deux modèles agricoles, et assurant que l’équilibre est respecté. Cependant, il reste encore difficile de comprendre comment on peut faire cohabiter les pesticides, les OGM et l’agriculture biologique…

Le chemin est encore très long à faire pour parvenir à une agriculture biologique, même si les tendances de ces dernières années sont très encourageantes et démontrent l’engouement des Français pour le bio. Et cette tendance ne semble pas prête de s’arrêter… A suivre de très près !

Publié le lundi 29 mai 2017 à 13:53, modifications lundi 29 mai 2017 à 12:29

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