Les écosystèmes marins sont encore plus en danger qu'on le pensait : Voici pourquoi

Par Ali Ch. Publié le 09/06/2024 à 09:34
Écosystèmes Marins

Les écosystèmes marins sont de plus en plus impactés par l’activité humaine. La pollution marine par microplastiques est devenue aujourd’hui un phénomène inquiétant avec des conséquences dangereuses sur l’écosystème marin et sur la santé humaine, alertent les scientifiques.

Les microparticules de plastique se retrouvent en quantité importante dans les mers et les océans. Ces déchets marins ont un impact indirect sur l’Homme, car, ingérés par les espèces marines que nous consommons, ils se retrouvent directement dans nos estomacs avec souvent des conséquences désastreuses sur notre santé.

D’après une étude publiée en 2021 et citée par le site Siencepost, les océans contiendraient pas moins de 24 400 milliards de microplastiques, ces petites particules (< 5 mm) de matière plastique dispersées dans l'environnement. Or les résultats d’une étude récente font état d’une quantité astronomique de plastique qui n’a pas été incluse dans les précédentes estimations. Cela veut dire que les écosystèmes marins sont encore plus en danger qu'on le pensait.

En effet, des chercheurs de l’École des sciences marines et atmosphériques de l’Université Stony Brook à New York (États-Unis) ont publié une étude sur la question dans la revue Marine Pollution Bulletin le 18 avril 2024. Les résultats de cette étude sont sans équivoques : une importante quantité de microplastiques dans les océans serait jusqu’ici passée inaperçue.

L'ampleur de la pollution des océans par microplastiques inquiète les scientifiques

Afin de mener leur étude, les chercheurs ont eu recours à une technique analytique connue sous le nom de spectroscopie Raman. Cette méthode, qui combine la spectroscopie vibratoire et la microscopie, permet de détecter et d’identifier chimiquement de fines particules dans des échantillons prélevés dans l’environnement. L’étude a été menée dans trois régions océaniques différentes : l’océan Arctique pacifique, la côte nord-est du Venezuela et la zone correspondant au courant du Gulf Stream.

Si les méthodes classiques comme celle qui implique des filets à plancton permettent de capturer des particules de taille supérieure à 300 micromètres, la spectroscopie Raman a cette capacité de réunir des particules bien plus petites. Grâce à cette deuxième méthode, les chercheurs sont parvenus à récolter pas moins de 60 % des microplastiques mesurant moins de 5 micromètres, soit une taille similaire à celle d’un globule rouge humain. Un résultat qui dénote de l’importance des quantités de microplastiques dispersés dans les espaces marins.

Face à ces résultats inquiétants, les auteurs de l’étude appellent à la mise en place de méthodes de détection et d’analyse beaucoup plus pointues afin de déterminer l’ampleur des activités humaines sur les océans. Il faut savoir que les océans, recouvrant 70 % de la planète, jouent un rôle primordial dans l’existence humaine et de la biodiversité. Ces espaces nous font respirer, manger et réguler le climat. Ils abritent 80 % de la vie dans le monde.

Quels risques pour la santé humaine ?

Les dangers des microplastiques sur l’écosystème sont réels. Ces particules renferment des substances chimiques dangereuses, à savoir entre autres des polymères de type polypropylène, polystyrène et polyéthylène. En s’accumulant dans la chaîne alimentaire, ils finissent inévitablement dans nos assiettes. Si les risques sanitaires potentiels des microplastiques sont encore largement méconnus, les scientifiques estiment qu’il est important de mener des études approfondies afin d’évaluer leur impact en fonction de leur forme, de leur taille et de leur composition.

Déjà en 2022, des microplastiques ont été retrouvés pour la première fois dans des poumons humains vivants, rapporte encore le site Sciencepost. En avril 2024, une étude a prouvé que les microplastiques ingérés par l’humain sont capables de migrer vers son cerveau. Enfin, une autre étude parue en mai 2024 a mis en avant la découverte de particules de ce genre dans des testicules humains.

Journaliste francophone. Je couvre l’actualité au quotidien sur une multitude de sujets. Je m’attelle à rapporter l’information avec objectivité.