Economie

Le trafic de drogue intégré au PIB français par l’Insee

L’intégration des chiffres de la vente de drogues dans le PIB provoqueront une hausse de celui-ci, mais pas assez pour voir une influence notable sur la croissance en 2017.

La possibilité d’intégrer le trafic de drogue dans le PIB français était déjà débattue à Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) depuis des années. C’est maintenant chose faite, et cela pourrait occasionner une “légère hausse” du produit intérieur brut.

L’organisme a annoncé publiquement cette décision mardi dernier dans un communiqué sur les modifications comptables que l’institut mettra en oeuvre prochainement. Ainsi, l’Insee va désormais “tenir compte de la consommation de stupéfiants et des activités liées à cette consommation sur le territoire national.

Pas d’impact sur la croissance en 2017

C’est l’institut européen des statistiques Eurostat qui a formulé cette demande auprès de l’Insee afin d’aligner les chiffres de l’économie françaises sur les autres pays européens. Cette intégration des profits du trafic de drogue au PIB français provoquera ainsi “une révision en très légère hausse du niveau du PIB.

La révision des chiffres du PIB sera également rétroactive puisqu’elle portera sur “l’ensemble des résultats” publiés par l’institut depuis 1947. D’après Ronan Mahieu le chef du département des comptes nationaux de l’institut public, ces nouvelles données seront rendues publiques en mai prochain.

En outre, il s’agira de “révisions à la marge” qui n’aurait qu’un très faible impact sur les chiffres nationaux de la croissance. En effet, la comptabilisation du trafic de drogue n’ajoutera que quelques milliards d’euros, une goutte d’eau rapportée aux 2200 milliards du PIB français. Ainsi, Ronan Mahieu a annoncé que cela “n’influencera pas sur le chiffre de la croissance en 2017“, qui a déjà connu une hausse historique de +1,9% en 2017.

Une harmonisation des données à l’échelle européenne

L’institut de statistiques européen Eurostat avait lancé un long débat en 2013 en demandant aux Etats membres de l’Union Européenne d’intégrer les chiffres de la prostitution et du trafic de drogue dans leurs statistiques nationales. Le principal argument de l’institut était alors d’affirmer qu’il s’agit de “transactions commerciales consenties librement“.

Cette décision de l’Insee fait donc partie d’une stratégie d’harmonisation des données à l’échelle européenne. En effet, la prostitution et une partie du trafic de drogue sont déjà légales dans plusieurs pays européens comme les Pays-Bas, et viennent augmenter leur PIB. D’autres pays comme l’Espagne, du Royaume-Uni et l’Italie ont suivi la France dans ce processus, avec à la clé une hausse de leur PIB.

Publié le mercredi 31 janvier 2018 à 15:53, modifications mercredi 31 janvier 2018 à 15:41

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