Economie

Service national universel : Un rapport accable la promesse de campagne d’Emmanuel Macron

Un rapport commandé par Edouard Philippe et révélé par Les Echos émet « d’importantes réserves » sur le projet du Service national universel.

Contraintes », « complexité » et « coût ». Voici en substance les termes utilisés dans les conclusions d’un rapport commandé par Édouard Philippe sur le service national universel. En effet, les auteurs du document dévoilé dimanche 4 février par le journal Les Echos, émettent « d’importantes réserves » sur le projet que veut mettre en place le gouvernement et voulu par Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle.

Promesse de campagne

Ainsi, ce « creuset national » serait effectué par les filles et les garçons âgés de 18 à 21 ans sur une période d’un mois. Cela concernerait entre 600.000 à 800.000 jeunes d’une classe d’âge. Le gouvernement a assuré que son financement ne pèserait pas sur le budget de la Défense, déjà sous tension. Toutefois, il ne l’a pas pour l’instant chiffré officiellement. Une expérimentation devrait avoir lieu en 2019.

Or, selon le rapport, le projet de Service national universel coûterait de 2,4 à 3 milliards d’euros par an. En effet, commandé en septembre auprès des inspections générales de l’administration, des armées, des finances, de l’éducation, de la jeunesse et des sports par le Premier ministre, ce rapport étudie trois scénarios pour la mise en place du service national universel.

Les 3 scénarios

Ainsi d’après l’information des Echos, le premier d’entre eux prévoit un mois complet avec une formation militaire élémentaire. Mais aussi de l’éducation civique et citoyenne et des activités sportives. Cette première option se rapproche de la promesse de campagne d’Emmanuel Macron. En effet, le président de la République avait proposé un service obligatoire d’un mois pour les jeunes entre 18 et 21 ans.

Un deuxième, d’un mois lui aussi, serait « sécable ». Avec une journée de la citoyenneté élargie à cinq journées. Celle-ci complétée de trois semaines, avec « des engagements à préciser ».

Un troisième scénario prendrait la forme d’un parcours entre 16 et 20 ans, avec les établissements scolaires. Il serait encadré par « des militaires d’active ou de réserve, des professeurs ou des éducateurs sportifs. Ils seraient rémunérés dans le cadre des heures complémentaires. Il pourrait être conduit sans hébergement, avec hébergement ou un mélange des deux.

D’importantes réserves

Ainsi, le rapport s’inquiète notamment quant à la question de l’hébergement. En effet, il questionne sur le type de logement que pourra proposer l’État s’il doit loger les participants au service national universel. Si les auteurs du rapport évoquent les places dans les internats des lycées, voire les logements étudiants des Crous, ils jugent toutefois cette option de l’internat trop « complexe ».

Ensuite, les moyens humains posent également problème. En effet, le service national universel supposerait de mobiliser les enseignants, militaires et personnels d’entretien en été ou dans des heures supplémentaires.

Enfin, le caractère obligatoire du service, ainsi que l’hébergement, pourraient aussi poser un problème juridique selon le rapport. En effet, ils modifient la liberté d’aller et venir des individus.

Le rapport conclut en émettant

D’importantes réserves tenant à la fois au caractère obligatoire de ce service. A l’importance des moyens matériels et humains à mobiliser.

Il exprime ses doutes « sur la possibilité d’entretenir un résultat significatif, en un mois, au regard des objectifs affichés ».

Quant à la question du coût du projet, le fonctionnement du service national universel devrait coûter entre 2,4 et 3,1 milliards d’euros par an. Il faudrait y ajouter entre 3,2 et 5,4 milliards d’euros pour des investissements initiaux dans les centres d’hébergement.

Reste à savoir ce que décideront le gouvernement et le présidence de la République. En effet, lors de ses voeux aux forces vives mardi 30 janvier, Emmanuel Macron avait rappelé sa détermination à concrétiser sa promesse de campagne :

Beaucoup disent que c’est impossible à faire. Cela forge plutôt en moi la conviction que c’est une nécessité de le faire.

Publié le mardi 6 février 2018 à 11:36, modifications mardi 6 février 2018 à 10:46

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !