Economie

L’Union européenne réduit de moitié sa liste noire des paradis fiscaux

Huit pays dont le Panama ne figurent plus sur la liste noire des paradis fiscaux érigés par les ministres des Finances de l’Union européenne en décembre dernier.

L’Union européenne a réduit de moitié mardi 23 janvier sa liste noire des paradis fiscaux. En effet, les 28 ministres des Finances de l’Union européenne ont allégé de huit pays leur liste. Une décision prise moins de deux mois après l’avoir établie. En effet, l’adoption de cette liste avait été décidée dans le sillage d’une série de scandales d’évasions fiscales. Les LuxLeaks fin 2014, les Panama Papers en avril 2016 pour encore les Paradise Papers en novembre 2017.

9 pays restent sur la liste noire

Ainsi, sur les 17 pays initialement « blackistés » et adoptés le 5 décembre 2017, huit pays ont été « retirés après s’être engagés à remédier aux inquiétudes de l’UE ».

Il s’agit du Panama, de la Corée du Sud, des Émirats Arabes Unis, de la Tunisie, de la Mongolie, de Macao, de Grenade et de la Barbade. Cette cure drastique d’amaigrissement a été décidée par les 28 ministres des Finances de l’Union, lors d’une réunion à Bruxelles. Toutefois, cette décision a provoqué l’indignation des eurodéputés verts et des ONG.

L’UE se dépêche de retirer des pays de sa liste noire sans dire clairement ce qu’ils ont promis d’améliorer, cela sape le processus.

A notamment fustigé Aurore Chardonnet, une experte de l’ONG Oxfam. Elle a expliqué que les ministres n’avaient pas rendu publics les engagements donnés par les pays auparavant sur la liste.

Nous ne pouvons pas publier automatiquement les lettres dans lesquelles les pays ont promis de corriger leur législation fiscale. Ce que nous proposons, c’est d’entrer en contact avec ces territoires pour voir s’ils veulent publier leurs engagements.

A déclaré le ministre bulgare des Finances, Vladislav Goranov, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union pour six mois.

Désormais, la liste noire de l’Union européenne ne contient plus que 9 pays : Bahreïn, Guam, les Îles Marshall, la Namibie, les Palaos, Samoa, les Samoa américaines, Sainte Lucie ainsi que Trinidad et Tobago.

Sur la liste grise

Toutefois, les huit pays retirés de la liste noire passent sur une liste grise. Il s’agit de pays ayant pris des engagements de bonne conduite en matière fiscale. En outre, ils feront l’objet d’un suivi. En effet, d’ici la fin de l’année, il sera décidé s’ils retournent sur la liste noire ou s’ils quittent la liste grise. Cette dernière, qui comprenait 47 pays, en compte désormais 55, avec les huit nouveaux venus.

Par ailleurs, le Commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé à « rester vigilants pour que les 55 juridictions de la liste grise passent de la parole aux actes ». Exigeant un processus aussi « transparent que possible », il a rappelé qu’il avait invité la semaine dernière à publier les engagements fournis par les pays sur la liste grise.

Un appel également lancé par l’eurodéputée verte Eva Joly. La vice-présidente de la commission d’enquête du Parlement européen sur les Panama Papers a déclaré :

Nous exigeons la publication des engagements pris par les pays retirés de la liste. Et la transparence sur le suivi de leur mise en œuvre.

Publié le mercredi 24 janvier 2018 à 9:32, modifications mercredi 24 janvier 2018 à 9:05

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