Economie

L’ENA est dans le rouge

L’ENA ou la prestigieuse Ecole Nationale d’Administration, est la fabrique à présidents. Cette école a notamment formé François Hollande, Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Emmanuel Macron

Agnès Verdier-Molinié a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) pour obtenir le bilan du budget de l’ENA.

Cette directrice de la fondation iFRAP, un think tank libéral, rapporte qu’elle a dû attendre un an entre le dépôt de sa requête et le moment où elle accéda aux bilans financiers.

Toutefois, quand elle eut enfin cette comptabilité sous les yeux, elle constata que les comptes de l’ENA étaient loin d’être à flôt.

Un déficit budgétaire de 2,8 millions d’euros en 2017

La directrice de l’iFRAP a pu analyser la comptabilité de l’ENA de 2017. Son premier constat est que les dépenses du personnel de l’établissement absorbent l’intégralité de la subvention de l’Etat.

En effet, la subvention de l’Etat est de 31,1 millions d’euros alors que les dépenses du personnel atteignent les 30,9 millions d’euros.

Ce n’est pas tout. Les élèves coûtent cher aussi à l’établissement puisqu’ils lui absorbent un budget de non moins de 9,2 millions d’euros.

Des étudiants logés, nourris et blanchis

Effectivement, les 117 étudiants de chaque promotion de l’ENA reçoivent 1.682 euros bruts par mois durant leurs deux années d’études. Or, les frais de mission, incluant les frais de déplacement, les repas et nuitées sont également pris en charge par l’établissement. Une sorte de scolarité « tout inclus ».

Plusieurs factures non régularisées

Cependant, si l’ENA subit un tel déficit, c’est aussi parce qu’elle tarde à régulariser ses factures de formations.

Par exemple, le Commissariat général à l’égalité des territoires et l’Ecole nationale supérieure de la police lui doivent respectivement 10.000 euros.

L’Association des maires de France a une dette de 5.200 euros envers l’ENA tandis que l’Etablissement public AgroParis Tech est son débiteur de 9.120 euros.

L’ENA fera-t-elle en faillite en 2022 ?

Par conséquent, il est possible que l’ENA fasse banqueroute d’ici 2022. Du moins, si aucune mesure de redressement économique n’est prise et si le déficit ne décroit pas.

Toutefois, le secrétaire général de l’ENA, Thierry Rogelet, tient à sauver la face. Il affirme que l’établissement n’est pas en faillite et qu’elle n’a pas de dettes.

Néanmoins, il reconnait que « l’école est en difficulté financière ». Cependant, il est confiant sur le fait que l’établissement reviendra dans le vert en 2020.

Thierry Rogelet promet un retour au vert

Pour ce faire, il explique que l’ENA collabore avec le ministère de l’Action et des Comptes publics pour mettre au point un plan de redressement.

Il déclare entre autre :

Nous avons déjà fait beaucoup d’efforts sur nos dépenses. Nous avons également réduit la masse salariale en supprimant 38 postes ces dernières années. Quatre autres postes ont été supprimées en 2018.

Nous nous sommes réorganisés pour mieux encaisser les factures et nous nous recentrerons sur des missions à forte valeur ajoutée.

Nous aimerions aussi faire en sorte que la rémunération de la préparation au concours interne ne soit plus uniquement supportée par l’ENA.

Selon nos estimations, nous serons à -1,4 million d’euros de déficit en 2018, puis à -400.000 euros en 2019. Avant un retour dans le vert à +500.000 euros en 2020

Publié le mardi 16 octobre 2018 à 9:43, modifications mardi 16 octobre 2018 à 8:43

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