Economie

Le groupe AccorHotels lorgne sur les parts d’Air France-KLM détenues par l’État

Le groupe hôtelier AccorHotels aurait proposé à l’Etat de racheter ses parts détenues dans Air France-KLM. Une proposition qui serait sérieusement envisagée par le gouvernement.

Selon une information des Echos de dimanche 3 juin, le groupe hôtelier AccordHotels a proposé à l’État français de lui racheter les 14,3% des parts qu’il détient dans le groupe franco-néerlandais Air France-KLM.

L’État envisagerait de se défaire de tout ou partie de ses 14,3 % au capital du groupe franco-néerlandais. Selon nos informations, il en étudierait en tout cas sérieusement la possibilité, depuis que les dirigeants d’AccorHotels ont manifesté leur intérêt pour sa participation.

Affirme le quotidien économique. Contactés par l’AFP, aussi bien AccorHotels que le ministère de l’Economie ont refusé de faire des commentaires.

Plusieurs hypothèses

Selon Les Echos, trois options sont au centre des discussions:

  • Un rachat de la totalité de la participation de l’Etat par AccorHotels,
  • un rachat partiel.
  • Ou un « swap », c’est-à-dire un contrat d’échange de flux financier. Dans ce cas, l’État recevrait des actions AccorHotels en échange de ses titres Air France-KLM

Or, cette dernière solution permettrait notamment à l’État de garder un droit de regard sur l’avenir d’Air France-KLM. Et de s’inviter au capital du groupe hôtelier convoité par des investisseurs chinois.

Aux cours actuels, il récupérerait un peu plus de 3% du capital du groupe dirigé par Sébastien Bazin.

Précisent Les Échos.

Actuellement, l’État français possède 14,3% du capital d’Air France-KLM et le double en droits de vote.

Ainsi, l’intérêt du gouvernement de se séparer de sa participation aurait trois avantages.

D’abord, la gestion d’Air France est depuis toujours conditionnée par l’argent public. Ainsi, pour l’Etat français, se désengager de la compagnie aérienne permettrait de se soulager d’une charge permanente, quasiment incontrôlable. Et dont « la valeur a fondu de moitié en quelques années », fait remarquer Les Echos. Ensuite, le groupe aérien serait contraint de se confronter aux réalités économiques et concurrentielles. Pour reprendre le site économique, «  le choc pourrait permettre à l’entreprise à se mettre en ordre de bataille pour résister à la concurrence et, mieux, assurer son avenir ». Enfin, cette opération, et avec le cycle des réformes, aurait l’avantage de faire rentrer de l’argent dans les caisses des finances publiques au profit des contribuables.

Toujours avec une direction transitoire

Toutefois, le 20 mai, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire avait écarté une sortie de l’État de la compagnie aérienne. Rappelons qu’Air France est toujours à la recherche d’un nouveau PDG depuis la démission début mai de Jean-Marc Janaillac. Ce dernier a jeté l’éponge après le rejet de sa proposition de revalorisation salariale par 55% des salariés. Il espérait en s’adressant directement aux employés mettre un terme à la crise sociale née de revendications salariales. Quinze jours de grève cumulés ont coûté au moins 300 millions d’euros au groupe. En attendant, une gouvernance transitoire avec été conclue avec l’ancienne ministre Anne-Marie Couderc comme présidente non-exécutive, appuyée par un comité de direction collégial.

Publié le lundi 4 juin 2018 à 12:48, modifications lundi 4 juin 2018 à 11:59

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