Economie

En déficit récurrent depuis 2001, les comptes de la Sécurité Sociale devraient « quasiment » s’équilibrer en 2018

Pour la première fois depuis 2001, le régime général de la Sécurité sociale devrait s’équilibrer en 2018 selon la Commission des comptes.

C’est une première depuis 17 ans. En effet, le déficit global du régime général de la Sécurité sociale devrait se réduire en 2018. Il s’établirait à moins de 300 millions d’euros au lieu des 2,2 milliards inscrits en loi de financement.

Le solde sera en nette amélioration pour être quasiment à l’équilibre.

Selon un rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale publié mardi 5 juin.

Une croissance meilleure que prévue

Symbole du rétablissement des comptes, le régime général affichera son premier excédent depuis 17 ans. Avec trois branches bénéficiaires (vieillesse, famille, accidents du travail). Ainsi qu’un déficit de l’Assurance maladie divisé par dix, à moins de 500 millions d’euros. Pour ce faire, la Commission des comptes table sur un résultat positif de 2,5 milliards.

Par ailleurs, le dynamisme des recettes permet à chaque branche d’afficher un solde en progrès ou faible baisse. En particulier, la branche maladie serait enfin proche de l’équilibre, avec un déficit de 500 millions. Elle retrouverait ainsi un niveau de solde comparable à 1999.

Alors, comment cet équilibre est-il possible ?

Tout d’abord, ces bons résultats s’expliquent moins par des réformes structurelles que par une conjoncture porteuse. En effet, la réduction du déficit a été rendue possible grâce au retour de la croissance et des créations d’emploi plus fortes que prévu. Ainsi, il y a davantage de cotisations sociales qui viennent financer le poste santé. Soit +3,5% en 2017, donc 7 milliards d’euros de rentrées supplémentaires. Ce sont donc les Français qui eux aussi ont contribué à l’amélioration des comptes.

Ensuite, l’autre explication se trouve dans le sévère plan d’économies entrepris en 2018 de 4,2 milliards d’euros. Pourtant, cet équilibre a été retrouvé au prix d’efforts drastiques.

On a baissé le prix des médicaments, on a encadré les honoraires médicaux.

A mis en garde l’économiste Claude Le Pen sur franceinfo. Pour lui, ces efforts de limitation des dépenses de santé ont fait souffrir le monde de la santé.

Plus de 120 milliards à rembourser d’ici 2024

S’il s’agit d’une bonne nouvelle, le fameux « trou de la Sécu » ne sera pas rebouché pour autant. En effet, sur les 260 milliards de dette sociale accumulée depuis 1996, il reste encore plus de 120 milliards à rembourser d’ici 2024. Ainsi, le Fonds de solidarité vieillesse (FSV), qui finance notamment le minimum vieillesse pour les retraités pauvres, ne réduira que « légèrement » son déficit. Pour s’établir à 2,8 milliards d’euros en 2018. Or, l’amélioration des comptes devrait se confirmer après 2018. À la faveur d’excédents prévisionnels importants et croissants. Soit, 3,3 milliards d’euros en 2019, 7,7 milliards en 2020.

Publié le mercredi 6 juin 2018 à 8:32, modifications mercredi 6 juin 2018 à 11:02

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