Economie

Dépense publique : La Cour des comptes recadre le gouvernement

La Cour des comptes a dévoilé ce mercredi 7 février son rapport annuel. Elle a mis en garde le gouvernement contre tout « relâchement » dans la lutte contre les déficits.

Cette année encore, la Cour des comptes est restée fidèle à son rôle de père fouettard de la dépense publique. Toutefois, le rapport annuel de l’institution dévoilé ce mercredi 7 février ne présente pas la même virulence que celui réalisé en juin dernier la politique du quinquennat de François Hollande.

Trop laxiste sur les dépenses

Toutefois, l’état des lieux des finances publiques dressé par les sages de la rue Cambon laisse poindre les premières critiques contre la stratégie budgétaire d’Emmanuel Macron. Celle-ci étant jugée trop laxiste sur les dépenses.

La trajectoire de finances publiques présentée dans la loi de programmation des finances publiques est affectée de nombreuses fragilités.

Précise notamment le rapport, qui juge que l’exécutif se repose bien trop sur la bonne surprise de l’accélération de la croissance. Ainsi, la Cour des comptes reconnaît que concernant les comptes publics, le déficit sera pour 2017 sous la fameuse barre des 3% du PIB. Un bon résultat dû aux mesures de freinage des dépenses prises dès l’arrivée à l’Elysée d’Emmanuel Macron.

Pourtant, « ni l’Élysée ni Matignon ne doivent rouler des mécaniques ». En effet, la performance doit aux réformes engagés dès l’été, mais surtout à trois facteurs externes :

  • L’amélioration de la conjoncture, qui a généré 8 milliards de recettes inattendues
  • La fameuse « cagnotte », qui concerne la réduction du chèque de la France au Budget de Bruxelles. Celle-ci est d’ailleurs évaluée à 8 milliards d’euros pour 2017 par la Cour des comptes.
  • La baisse des intérêts versés au titre de la dette.

En revanche, l’avis est plus mitigé sur l’effort d’économies lancé par le gouvernement à l’été 2017.

Les mesures de freinage n’auront pas empêché la dépense de croître au rythme moyen des cinq années précédentes.

Regrette la Cour.

Cependant, Didier Migaud, le premier président de l’institution, a souligné lors de la présentation du rapport que « l’amélioration est réelle, et la Cour des comptes ne peut que la souligner et s’en réjouir ».

Des économies non garanties

Or, ce constat est sévère pour l’année en cours. En effet, les économies promises pour 2018 ne « sont pas garanties », selon le rapport. En cause, le postulat posé par le gouvernement d’une économie basée sur la baisse très marquée des dépenses de fonctionnement des collectivités locales. La Cour des comptes jette un avis très suspicieux sur ce « dispositif contractuel, jamais expérimenté censé permettre une baisse inédite en volume des dépenses de fonctionnement des collectivités locales ».

Finalement, les sages en concluent que

La réduction du déficit public visée en 2018 est atteignable. Mais elle pourrait être obtenue par un surcroît de recettes compensant des dépenses plus fortes que prévu ».

Pour la Cour des comptes il s’agit là d’une occasion manquée. La juridiction financière regrette que

La phase d’amélioration de la conjoncture ne soit pas mise à profit pour réduire vigoureusement le déficit public. Avec un effort structurel de 0,1%, jugé trop faible.

Au total, une vingtaine de points noirs sont abordés. Pêle-mêle, on retrouve les emprunts à risque des collectivités locales. La dette des hôpitaux et la fraude aux cotisations sociales. La modernisation numérique, les piscines et centres aquatiques publics. En enfin, les missions fiscales de la douane.

Publié le jeudi 8 février 2018 à 13:33, modifications jeudi 8 février 2018 à 12:30

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !