Economie

La Baule : Veolia s’offre la plage et s’attire la colère des commerçants

La plage de La Baule, jusqu’à présent gérée par la ville, est devenue une concession du groupe Veolia.

Avec ses restaurants au bord de l’eau et sa plus grande plage d’Europe, La Baule est une des stations balnéaires les plus prisées des estivants, mais aussi des stars.

Pourtant et c’est une première en France, Veolia a obtenu des pouvoirs publics une concession de douze ans pour gérer les 5,4 kilomètres de plage.

En effet, selon Les Echos, fin avril, la multinationale française de services a lancé le processus de gestion de cette nouvelle et inédite concession.

Cette décision a fait suite à la mise en application du « décret plage », adopté en 2006. Celui-ci permet à l’Etat d’accorder des concessions pour la gestion des plages, moyennant des conditions strictes. On s’oriente notamment vers la fin du béton à outrance. Effectivement, seuls 20 % des bords de plage pourront accueillir des installations contre 30 % aujourd’hui. En outre, celles-ci doivent pouvoir être démontées en basse saison.

Ainsi, le contrat entre l’Etat, propriétaire du domaine maritime, et Veolia a été signé mi-décembre 2016, après un appel d’offres auquel la société de services a été la seule à répondre. La SAUR (Société d’Aménagement Urbain et Rural) ayant finalement renoncé, a précisé le quotidien.

Destruction et réaménagement

Concrètement, Veolia va gérer les installations, les boutiques et restaurants et l’entretien de la plage. En échange, elle reversera à l’Etat, propriétaire du domaine maritime, une redevance annuelle, dont le montant doit grimper progressivement pour atteindre 805.000 euros à partir de la quatrième saison d’exploitation.

En outre, le contenu de cet appel d’offres, élaboré après des échanges avec la mairie, prévoit la reproduction à l’identique du profil de la grève.

Ainsi, il y aura le même nombre de clubs de voile, de clubs pour enfants, de restaurants saisonniers ou ouverts à l’année.

Or, la logique étant de remettre tout à plat, tous les établissements doivent donc raser leurs locaux et les reconstruire selon un standard en forme de parallélépipède bleu démontable chaque hiver pour les saisonniers.

Un coût, rapporte Les Echos qui peut aller de 200.000 à 700.000 euros.

De son côté, Veolia va financer la rénovation des accès, des toilettes publiques et le nettoyage de la plage.

Veolia devrait percevoir de 400.000 € à 800.000 € de redevances locales par an.

La grogne des commerçants

Cependant, ces conditions ne font pas du tout l’affaire des plagistes. Ces derniers déplorent notamment une compétition qui va être rude pour bénéficier d’un emplacement.

Ainsi, une association baptisée « La plage cœur de La Baule » et regroupant 24 établissements de plage s’est créée pour s’opposer à cette concession.

Le décret de 2006 est idiot. En Méditerranée, il a peut-être un intérêt, les plages étant exiguës. Mais pas chez nous. De plus Veolia sera obligé d’augmenter nos redevances pour que la gestion soit rentable. On pense qu’elles seront trois fois plus élevées qu’actuellement.

A commenté son président Loïc Durand-Raucher, qui exploite un restaurant en bord de mer.

C’est comme si l’on demandait à un locataire de raser le logement qu’il occupe. De le reconstruire et d’accepter de payer un loyer trois fois plus cher ».

En janvier dernier, l’association avait déposé un référé devant le tribunal administratif en vue d’invalider l’arrêté préfectoral.

Mettant en avant les lourdes charges pour l’aménagement de leurs cellules commerciales et les redevances versées à Veolia, ils n’ont pourtant pas obtenu gain de cause.

Un peu plus loin, la municipalité voisine de Pornichet a décidé de conserver la gestion de sa plage.

Afin de garantir le niveau et la qualité du service offert aux usagers.

Publié le vendredi 12 mai 2017 à 12:36, modifications vendredi 12 mai 2017 à 12:50

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !