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Les menaces de Daech qui planent sur la Coupe du monde en Russie

La Russie s’apprête à accueillir les stars des 32 sélections de la plus prestigieuse compétition de football. Des fans et des touristes du monde entier vont se réunir pour communier et vibrer avec leur équipe. La menace terroriste plane malheureusement sur cet événement planétaire. L’organisation terroriste Daech (l’Etat Islamique) a publié de nombreux photomontages depuis de nombreux mois. Vladimir Poutine et les autorités russes ont renforcé le dispositif de sécurité.

La 21e Coupe du monde va officiellement débuter le 14 juin 2018. La Russie, pays organisateur, affrontera l’Arabie Saoudite dans le cadre du premier match officiel. 32 équipes sont engagées dans la compétition. 64 rencontres sont prévues à travers 12 stades différents.

La Russie va devoir relever un immense défi sécuritaire afin que la Coupe du monde ne soit pas marquée par des actes de hooliganisme, par des affrontements violents entre supporters (comme ce fut le cas à Marseille lors de l’Euro 2016) ou par des attentats terroristes.

Alors que Vladimir Poutine a été investi pour un quatrième mandat le 7 mai 2018, l’ombre de Daech plane malheureusement sur la compétition. En mars 2018, Vladimir Poutine a été réélu avec 76,7% des voix, le score le plus élevé depuis son arrivée au pouvoir. Le chef de l’Etat russe a reconduit son actuel Premier ministre, Dmitri Medvedev.

Le spectre de Daech

Depuis plusieurs mois, le groupe terroriste fait peser la menace d’un attentat pendant la Coupe du monde. Cette compétition sportive va littéralement aimanter le public du monde entier. Cet événement majeur va être suivi par des millions de personnes.

L’organisation terroriste a diffusé des images de propagande (des photomontages) avec des combattants de l’Etat Islamique menaçant des joueurs de football ou représentant les stars du ballon rond dans des mises en scène macabres.

Les joueurs directement menacés dans les images de propagande de l’EI

Selon des informations de L’Express, la star du PSG Neymar, la légende vivante du Portugal Cristiano Ronaldo ou bien encore Lionel Messi ont ainsi été menacés en octobre 2017 lors de différentes campagnes de propagande. Un nouveau photomontage avait été publié ces derniers mois avec la star du FC Barcelone. Lionel Messi était vêtu d’une combinaison orange, semblable à celle des détenus de la prison américaine de Guantánamo et portée par les victimes dans les vidéos d’exécutions de Daech. Messi se retrouvait agenouillé à côté d’un terroriste, sur la pelouse du stade russe de Loujniki, le stade olympique de Moscou.

En septembre 2017, une fausse photographie représentait Lionel Messi derrière les barreaux. Il pleurait des larmes de sang. L’image avertissait également d’un attentat pendant la compétition. En octobre dernier, un photomontage morbide et macabre montrait le joueur brésilien Neymar à genoux, en pleurs. A ses côtés reposait le corps de Messi. Ils étaient tous les deux habillés avec la combinaison orange. Une légende accompagnait cette image de propagande : « Vous ne serez pas en sécurité tant que nous ne le seront pas dans les pays musulmans ».

Cristiano Ronaldo s’est retrouvé agenouillé, les yeux fermés et avec un hématome au visage, sur l’un des détournements de l’organisation terroriste. Un soldat du califat était positionné derrière le joueur du Real Madrid avec un couteau sur ce photomontage. Le logo de la coupe du monde 2018, brisé, apparaissait clairement à gauche de cette illustration.

Même Didier Deschamps a également été ciblé

Le sélectionneur de l’équipe de France, Didier Deschamps, a également été directement menacé par Daech dans un photomontage en octobre 2017, d’après des informations du Point. L’ancien joueur de l’OM et l’un des acteurs de l’épopée de France ’98 s’est vu qualifier d’« ennemi d’Allah » sur une illustration de propagande. Didier Deschamps apparaît lui aussi avec une tenue orange, réservée habituellement aux otages. La légende comporte la mention suivante : « Nous allons continuer à vous terroriser et à ruiner vos vies ».

Selon des informations du Figaro, des photomontages représentaient également des djihadistes, masqués et armés, aux côtés d’une bombe, devant le logo du Mondial et des stades en Russie. Ces photomontages de Daech ont été signalés par SITE Intel group, l’observatoire de référence des contenus djihadistes. Ces illustrations ont été publiées pour la plupart par la Wafa Media Foundation, un organisme de propagande de soutien à l’Etat Islamique. Daech a, par ailleurs, l’habitude de revendiquer ses attentats via son agence Amaq.

L’Euro 2016 et la France étaient déjà sous haute tension

D’importantes menaces avaient également été proférées lors de l’Euro 2016. En juin 2016, le djihadiste Larossi Abballa, l’auteur des meurtres des policiers Jean-Baptiste Salvaing et de sa femme Jessica Schneider, avait indiqué que l’Euro serait « un cimetière » dans une vidéo tournée au domicile des victimes. Mohamed Abrini, impliqué dans les attentats de novembre 2015 à Paris et de Bruxelles en 2016, avait fait des déclarations similaires devant la justice. Selon les révélations de France Inter, Abrini aurait confié aux juges la volonté de Daech de frapper l’Euro 2016.

Le Stade de France et le match amical France – Allemagne avaient été directement visés le 13 novembre 2015.

Le Français Grégoire Moutaux vient également d’être condamné en mai 2018 par la justice ukrainienne à 6 ans de prison. Il était accusé de projeter une série d’attentats lors de l’Euro 2016. Il n’était pas impliqué dans une filière djihadiste mais voulait mener des attaques à caractère politique. Grégoire Moutaux était animé par des idées d’extrême droite. Il avait été arrêté en mai 2016 à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine. Un impressionnant arsenal de guerre avait été découvert en sa possession.

La plus grande crainte sur le plan sécuritaire en France lors de l’Euro 2016 concernait les « fans zones » pour assister aux rencontres sur des écrans géants. Face à la menace actuelle et afin d’éviter des débordements, aucune diffusion des matches de la Coupe du monde 2018 sur des écrans géants dans les grandes places des villes majeures n’est prévue en France.

Le défi sécuritaire et sur le plan de l’image pour la Russie et Vladimir Poutine

Le président Vladimir Poutine, les autorités russes et les forces de l’ordre vont déployer un important dispositif de sécurité et des mesures drastiques afin d’assurer le bon déroulement de la compétition. Une réunion avec des responsables du ministère de l’Intérieur s’est notamment déroulée en février dernier. Le plan de sécurité déployé par les autorités russes devrait coûter 445 millions de dollars.

La Russie va donc devoir relever un important défi sécuritaire lors de l’organisation de la Coupe du monde de football sur son sol. La compétition se déroule du 14 juin au 15 juillet 2018. Les mordus de ballon rond du monde entier espèrent que cet événement reste une fête et qu’il ne soit pas endeuillé par des drames. La sécurité sera l’un des enjeux majeurs du Mondial. Le président de la République Emmanuel Macron a indiqué, lors de sa récente visite en Russie, qu’il irait encourager les Bleus et qu’il retournerait voir Vladimir Poutine si l’équipe de Didier Deschamps parvenait à se qualifier pour la phase finale de la compétition, à l’issue des trois premiers matches face à l’Australie, le Pérou et le Danemark.

Publié le dimanche 3 juin 2018 à 16:18, modifications mercredi 13 juin 2018 à 15:48

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