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Réseaux sociaux : Facebook détrôné par Snapchat chez les adolescents ?

Réseaux sociaux : Facebook bientôt détrôné par Snapchat chez les ados ?

Facebook n’aurait plus la cote chez les adolescents. C’est en tous cas ce que pointent les résultats d’une étude menée sur les habitudes de communication des moins de 25 ans aux États-Unis.

Ce n’est plus un secret, entre les affaires sur la protection de ses données et son projet de version payante, Facebook n’a plus le vent en poupe. Mais une enquête américaine menée le mois dernier auprès des adolescents prouve que le fameux réseau social serait délaissé au profit de Snapchat, Instagram et Youtube, et ce pour bien d’autres raisons.

La population de Facebook vieillit

Selon plusieurs sondages réalisés dans le pays, parmi lesquels celui du Pew Research Center, dont les résultats ont été publiés en mai, 51% des ados utiliseraient Facebook contre 85% Youtube, 72% Instagram et 69% Snapchat. Ces trois plateformes axées sur le partage de vidéos seraient jugées plus modernes et moins datées que les réseaux phares vieillissants que sont Facebook et Twitter. C’est ce qui ressort des témoignages de jeunes utilisateurs, qui justifient leur désintérêt pour le réseau crée en 2004 par un argument significatif : la présence des parents de plus en plus fréquente donnerait une image moins « fun » et plus banale du service.

Selon Monica Anderson, en charge de l’étude, cette tendance serait récente :

Le paysage des réseaux sociaux a complètement changé parmi les ados ces trois dernières années […] À l’époque, l’usage des réseaux sociaux par les adolescents tournait essentiellement autour de Facebook. Aujourd’hui, leurs habitudes sont moins focalisées sur une seule plateforme.

En revanche, les analystes pointent que les déboires sécuritaires de Facebook ne joueraient en rien dans cette désertion. Au début de l’année, l’association Génération numérique a exposé lors d’une journée organisée par Facebook, les résultats de son étude comportementale réalisée sur les 11-18 ans. Son secrétaire général Cyril Di Palma a alors expliqué à Usbek&Rika :

On ne s’abstient pas de leur dire que tous les GAFA peuvent centraliser les informations qu’ils détiennent sur eux. Mais ce ne sont pas les arguments qui font mouche.

Pour Anjali Lai, analyste du cabinet Forrester, Facebook souffrirait avant tout d’un « problème d’image », considéré davantage comme « Un service d’utilité publique », alors que les nouveaux réseaux proposeraient des services plus ciblés.

“Ma mère et ma grand-mère sont sur Facebook”, quand les jeunes se censurent

Une interview vidéo de plusieurs jeunes lycéens français a été réalisée sur le sujet par Cécile Bourgneuf et Fanny Lesbros pour Libération. Elle regroupe quelques témoignages représentatifs du nouvel usage de Facebook par les ados en 2018. Une jeune fille explique : « Ma mère et ma grand-mère sont sur Facebook. Et ça change totalement la donne, parce que je dois me serrer la vis avec les posts que je mets. ». Joëlle Menrath, chercheuse et spécialiste des réseaux sociaux commente :

Facebook est le territoire de la belle image de soi […] un espace où il s’agit d’être performant dans l’image qu’on va décider d’exposer.

Tandis que les nouveaux réseaux sont loués pour leur instantanéité, et la liberté que celle-ci offre à ses jeunes utilisateurs. Les publications n’étant visibles que par une petite sphère choisie, la confidentialité est également un critère de prédilection pour les collégiens et les lycéens dans leur choix de réseaux.

Un déclin qui pourrait s’accentuer

Par ailleurs, cette baisse de fréquentation pourrait s’accentuer dans les prochaines années. eMarketer estime que Facebook devrait perdre jusqu’à 2 millions d’utilisateurs chez les adolescents et les jeunes de moins de 24 ans. Un pronostic qui entacherait les ressources publicitaires de l’entreprise, bien que cette hypothèse soit à relativiser. Car Facebook est propriétaire d’Instagram depuis 2012, et demeure toujours mieux placé vis à vis des annonceurs que Snapchat, une messagerie que les jeunes utiliseraient pour communiquer plutôt que pour découvrir de nouveaux produits.

Conscient de l’enjeu, Facebook multiplie néanmoins les efforts pour retenir ses jeunes inscrits, proposant davantage d’options équivalentes à celles que proposent ses concurrents, pour échanger des vidéos et du contenu rapidement comme des stories, le format de publications éphémères lancé par Snapchat.

Publié le mardi 26 juin 2018 à 7:46, modifications lundi 25 juin 2018 à 17:48

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