Insolite

Pourquoi les statues antiques ont souvent de petits sexes ?

En visite dans un musée dans les sections grecques et romaines il ne vous aura pas échappé que les statues antiques ont généralement de petits pénis. L’historienne de l’art Ellen Oredsson nous donne quelques pistes de réponses.

Alors réalité physiologique, préférence esthétique ou contraintes sociales ? Pourquoi la plupart des statues antiques ont-elles de petits attributs ?

L’historienne de l’art Ellen Oredsson a apporté quelques éclaircissements à cette petite affaire.

Dans la Grèce antique, les gros sexes étaient associés à la bêtise, la lubricité et la laideur. Plus le pénis était petit, plus son propriétaire était considéré comme rationnel et intellectuel. Ils pensaient qu’un homme avec un sexe plus petit allait être moins enclin à s’en servir en lieu et place de son cerveau.

A-t-elle expliqué sur une vidéo du NYMag.com publiée sur Facebook.

Son analyse vient corroborer celle de Cyril Dumas qui explique, dans L’Art érotique antique – Fantasmes et idées reçues sur la morale romaine, que les Romains considéraient que les petits sexes étaient un atout de beauté et de décence.

De plus, signe de distinction sociale, le pénis de taille réduite symbolisait la retenue sexuelle. Dans la Rome antique notamment, les hommes se devaient d’être discrets et pudiques. Ils recevaient une éducation très encadrée et leur taille phallique était un signe de bienséance.

Dans une interview réalisée par Rue 89 en 2012, l’historien Thierry Eloi avait expliqué le rapport au sexe dans la Rome antique. Selon lui, un gros pénis était perçu comme une disproportion du corps. Dans cette même entrevue, l’historien avait détaillé une sexualité très différente de notre époque contemporaine.

À Rome, le plaisir ne passait pas par la pénétration, considérée comme sale, mais par le fait d’embrasser quelqu’un, « dans l’échange de souffle ». Cette recherche de jouissance se pratiquait entre hommes libres et esclaves à l’occasion de banquets.

Thierry Eloi ne parle quasiment que des hommes, car les femmes qui n’étaient pas des esclaves n’étaient pas censée ressentir du plaisir :

Elle est éduquée à ne pas en avoir.

Son rôle se limitait alors à la reproduction.

Pour ceux qui malgré tout préféraient le corps des femmes, on leur conseillait d’aller voir des prostituées, activité considérée, à l’époque, comme plus saine que faire l’amour avec son épouse.

Le lupanar sert à réguler le déversement du sperme et des humeurs auprès d’hommes ou de femmes non libres, le faire avec son épouse serait la considérer comme une esclave.

Bref, des canons de beauté et des mœurs très éloignés de ceux d’aujourd’hui.

Publié le samedi 9 juillet 2016 à 13:15, modifications samedi 9 juillet 2016 à 13:15

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !