Insolite

Haute-Savoie : Une pétition contre les cloches des vaches

C’est une pétition étonnante qui a été adressée au maire de Le Biot en Haute-Savoie. Des résidents se sont plaints du tintement des cloches que portent les vaches dans le pré en face de chez eux.

Henri-Victor Tournier, le maire de Le Biot, une commune de Haute-Savoie, se souviendra longtemps de ce courrier électronique reçu le 21 août dernier. En effet, il a reçu une pétition surprenante, signée d’une vingtaine de propriétaires de maisons et d’appartements situés au col du Corbier. Ceux-ci se sont plaints de nuisances sonores, que produisent les clarines, les cloches des vaches, quand celles-ci broutent sur les alpages tout proches de leurs fenêtres.

« Les vaches pourraient brouter ailleurs »

Ainsi, les pétitionnaires s’épanchent :

Nous voudrions nous plaindre du bruit des animaux sur les pistes en face des chalets et appartements du col du Corbier. Nous comprenons que nous vivons à la campagne. Et qu’il y a une longue tradition de vaches, de moutons et de chèvres dans la région. Néanmoins, le bruit constant des cloches en face, tout au long de la journée et même la nuit est insupportable. Il y a beaucoup de champs plus haut où les vaches pourraient brouter.

Pourtant, l’édile, dont dépend la station du Col du Corbier, a besoin de ses douze vaches. En effet, non seulement, le troupeau a un rôle écologique en débroussaillant notamment les pistes de ski de fond. Au lieu d’utiliser des machines polluantes l’été, les vaches broutent.

Elles permettent à la municipalité d’économiser environ 7.000 euros pour entretenir écologiquement la station de montagne douce.

A détaillé le maire au micro de France 3 Auvergne-Rhône-Alpes.

En outre, le lait des vaches permet également à faire le fameux reblochon. Or, en montagne, pour repérer les troupeaux, il faut des cloches. Alors, Henri-Victor Tournier, a enquêté grâce aux factures d’eau de ces signataires. À son grand étonnement, il s’est aperçu que les pétitionnaires avaient tous des résidences secondaires. Il y a des Anglais, un Belge, des Parisiens. Bref, des résidents qui ne sont là que quelques jours par an.

Si la pétition venait uniquement de résidents à l’année, je pourrais comprendre. Mais là ce n’est pas le cas. Il y a quand même pire que d’entendre les cloches des vaches. Je pense notamment à la RD 32 qui se trouve juste sous la station et qui fait bien plus de bruit.

Henri-Victor Tournier assure quand même vouloir trouver un arrangement avec l’alpagiste pour que celui-ci équipe ses vaches de cloches plus petites.

Rôle écologique

Par contre, « pas question de déplacer les vaches qui font partie du paysage ». De plus, les signataires de la pétition sont invités à venir assister au conseil municipal du 13 octobre prochain.

D’autant que cette petite station du Biot a un côté exemplaire pour toutes celles de moyenne montagne qui risquent de disparaître un jour à cause du réchauffement climatique.

En effet, elle a dû fermer ses remontées mécaniques qui n’étaient plus rentables. A la place, des sentiers de randonnée à raquette ou ski de fond ont été créés. De plus, la retenue d’eau qui alimentait les canons à neige est devenue un étang à poissons pour les pêcheurs. Alors, à défaut d’or blanc, la commune de Le Biot mise désormais sur le vert. La nature, avec tout ce qui va avec. Y compris les vaches et leurs cloches.

 

Publié le mardi 5 septembre 2017 à 12:51, modifications mardi 5 septembre 2017 à 12:21

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