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Héritage Hallyday : gel des avoirs et album posthume au centre des débats au tribunal

En attendant que la bataille de l’héritage de Johnny Hallyday soit tranchée, la justice examine vendredi la requête des aînés du rockeur, qui réclament en urgence le gel de son patrimoine et un droit de regard sur son album posthume.

Le 15 mars, le premier round judiciaire très attendu opposant David Hallyday et Laura Smet à Laeticia Hallyday avait tourné court à Nanterre, les avocats des enfants estimant ne pas avoir eu assez de temps pour prendre connaissance des documents de la partie adverse.

Saisi en référé, le tribunal de grande instance avait renvoyé l’affaire à vendredi et intimé à l’avocat de la veuve de Johnny, décédé le 5 décembre à l’âge de 74 ans, de fournir à ses contradicteurs plusieurs pièces complémentaires.

Le conseil de Laeticia devait notamment produire une copie traduite en français du dernier testament du rockeur, rédigé en juillet 2014 en Californie, et préciser le “périmètre” du “trust” contenant ses avoirs –dont la veuve Hallyday est aujourd’hui l’unique bénéficiaire– ainsi que le nom des gestionnaires de cette entité juridique.

Sur ces deux derniers points, les avocats des aînés déplorent ne pas avoir obtenu satisfaction et plaideront leur cause vendredi à Nanterre, en l’absence des protagonistes de cette féroce bataille entre les deux clans Hallyday.

Droits Sacem bloqués

Me Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laeticia, estime que le patrimoine de l’artiste est déjà connu de tous : ses parts de SCI dans la villa de Marnes-la-Coquette, en banlieue parisienne, deux maisons en Californie et une autre à Saint-Barthélémy. Le tout estimé à “30-35 millions d’euros”, selon lui.

Les droits artistiques -“entre 700 et 800.000 euros par an”, selon Me Amir-Aslani- doivent également être versés dans ce trust mais ces revenus sont, pour l’instant, gelés par la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) dans l’attente du règlement de la succession de l’artiste.

Quant au gestionnaire des actifs immobiliers et artistiques du rockeur, réunis au sein du trust “JPS” (pour Jean-Philippe Smet), il n’est “pas encore connu”, martèle le clan de Laeticia.

Cette structure juridique de droit californien, mise en place en juillet 2014, était gérée par le chanteur jusqu’à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère.

Celle-ci ne peut toutefois, en aucun cas, en disposer à sa guise, assure Me Amir-Aslani.

Quant aux autres membres du clan Boudou, la famille de Laeticia -notamment sa grand-mère Elyette, dite “Mamie Rock”, et son frère Grégory-, l’avocat affirme qu'”aucun” d’entre eux à ce jour “ne figure dans ce trust”.

Ce montage financier complexe, très courant dans les pays anglo-saxons, a été pensé pour permettre à Laeticia de conserver un standing “conforme au niveau de vie auquel (son mari et elle) ont été habitués durant leur vie commune”, précisent ses statuts, dont Libération a reproduit des extraits jeudi.

Dix titres “validés”

Johnny Hallyday, le 19 avril 2016, à Hollywood (Etats-Unis).

(credit photo AFP/Archives) Johnny Hallyday, le 19 avril 2016, à Hollywood (Etats-Unis).

Outre son patrimoine, l’album que le “Taulier” avait presque achevé à sa mort doit être également au coeur des débats à Nanterre.

L’artiste avait travaillé une grande partie de l’année 2017 à ce 51e album studio, qui doit sortir courant 2018. Une dizaine de chansons ont été enregistrées.

“Nous avons des documents très clairs qui démontrent que les dix titres ont été validés par Johnny Hallyday (…) et qu’il acceptait qu’ils soient commercialisés”, a assuré lors de l’audience du 15 mars Eric Lauvaux, avocat de Warner Music France, la maison de disque du rockeur.

Mais les aînés de l’ex-“idole des jeunes” en doutent et demandent un droit de regard sur l’album.

“Avec une telle carrière, c’est normal que son fils, sa fille comme ses deux autres petites filles aient un droit de regard dessus”, a estimé David Hallyday dans un entretien au Parisien Dimanche.

Une autre action, sur le fond, a été engagée par David et Laura devant le tribunal de Nanterre mais elle pourrait prendre des années.

Les deux aînés s’estiment lésés par les dernières volontés de leur père qui, selon eux, les “déshérite”, ce qui est interdit en droit français, et demandent “que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales” en France.

Publié le vendredi 30 mars 2018 à 11:05, modifications vendredi 30 mars 2018 à 11:03

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