Musique

Interview de Laura Clauzel, sensation du printemps avec son EP Paria(h)

Après sa très belle performance au Comedy Club pour son EP Paria(h), il nous fallait en savoir un peu plus sur Laura Clauzel. Alors qu’elle s’apprête à rentrer en studio, elle a accepté de répondre à quelques questions. Echanges avec une artiste passionnée et hyper active.

Ton concert au Comedy Club était une réussite, et une très belle surprise pour ceux qui ne connaissaient pas Laura Clauzel. Comment l’as-tu vécu ?

J’étais très contente ! Le concept de ces soirées est super, c’est une belle idée de partager la scène avec d’autres artistes indépendants… La salle est très agréable, avec une jauge qui me convient, et un côté cabaret-théâtre que j’aime beaucoup, presque intimiste. Et en même temps il y a de la place, une belle hauteur sous plafond, on peut respirer !

Paria(h), c’est l’histoire de quoi ?

C’est un travail effectué avec Olivier Bostvironnois, j’ai appelé l’EP “Paria(h)” parce que je voulais montrer, parler de ces vies anecdotiques et de destins brisés, aussi de destins au-dessus de la réalité. C’était mon axe principal pour ce premier EP. Avec Olivier, j’écris et on compose ensemble, c’est une collaboration très riche ! Olivier avait d’abord mixé un premier album que j’avais fait, un album de reprises de chansons méconnues d’Edith Piaf. A la suite de ce mixage, il y a environ deux ans, j’ai senti un bon feeling alors je lui ai présenté mes morceaux, et nous voilà !

Dans le titre “Female” on sent beaucoup d’influences musicales, quelles sont-elles ?

Je dirais Goldfrapp, Bob Fosse pour son univers cabaret, les harmonisations et la présence de chœurs que j’apprécie particulièrement. Mais aussi Kurt Weill, c’est une période qui m’inspire beaucoup. Et pour le côté un peu trip-hop, Portishead !

Ta performance sur scène est autant vocale que théâtrale, ces deux arts sont indissociables dans ton travail ?

Les deux avancent ensemble, je me nourris de ces deux mondes. Interpréter un morceau, c’est se nourrir de la parole d’un auteur, de son texte, de sa mélodie. Dans les deux cas il s’agit de trouver le moyen de passer, de transmettre pour créer de l’émotion. En ce moment, je travaille sur Marie Tudor de Victor Hugo, et je vais jouer la reine. Je suis très contente, c’est un rôle très puissant qui offre beaucoup de possibilités. Ce sera d’abord créé à Toulouse en janvier, ensuite suivront plusieurs dates dans le sud avant, on espère, de la monter à Paris.

Tu vis à Paris mais aussi à New-York, est-ce que ton cœur balance ?

Je fais beaucoup d’aller-retour, j’essaye de me rendre dès que je peux à New-York. J’adore là-bas fréquenter l’école Martha Graham. Dès que mon agenda m’y autorise, j’essaye d’y retourner pour y effectuer des stages. Je trouve qu’il y a à New-York une énergie dingue, je suis amoureuse de cette ville pour son architecture, son histoire… Il y a toujours quelque chose en mouvement et qui change de Paris, l’énergie n’est pas du tout la même. Paris, c’est ma ville, donc il y a une sorte de relation « Je t’aime, moi non plus. », on aimerait s’en passer mais on y revient toujours.

Les destins brisés que tu évoquais, on les trouve dans “The Face of Shame” qui aborde la crise migratoire, et dans « Female », qui parle de la prostitution ?

Tout à fait, c’est une actualité qui me touche énormément, de voir la façon dont on traite ces personnes. Je me suis rendu plusieurs fois à Calais, et je trouve ça abject et indigne de la part de la France. C’est un thème qui compte beaucoup pour moi, parce que je suis en fait dépassé par le concept de frontières. Oui, ça m’est cher de défendre cette cause.

La prostitution, c’est un thème que j’avais aussi envie d’aborder. Je voulais apporter un regard, un regard sur beaucoup de personnes qu’on n’a pas envie de voir. Cela me semblait important.

Ta voix est très particulière, on sent de l’authenticité et une grande maîtrise.

C’est quelque chose qui restera toujours très intuitif. Pendant longtemps, je ne voulais pas prendre de cours de chant. J’avais peur qu’on enlève, ou qu’on abîme quelque chose, et je me disais « chanter ça ne s’apprend pas ». Donc pendant des années je chantais comme je pouvais. Et il y a environ deux ans, j’ai rencontré une femme merveilleuse qui m’a permis de mieux comprendre les subtilités de la voix. Alors maintenant je m’amuse techniquement, je fais aussi plus attention pour ne pas la casser. Aujourd’hui je la travaille beaucoup, ce qu’avant je ne faisais pas.

Quelle est la suite de tes projets ?

Je voudrais offrir une continuité à ces morceaux, et donc nous travaillons en ce moment un nouvel EP avec Olivier. Pour la scène on continue de trouver des dates de tournée pour faire découvrir au plus grand public ces quatre morceaux, c’est notre première étape !

Publié le jeudi 5 avril 2018 à 14:04, modifications jeudi 5 avril 2018 à 14:20

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