Musique

Le grand blues d’Hugh Coltman pour réchauffer l’hiver

Ils étaient très nombreux à avoir bravé le froid pour venir écouter la “Nouvelle Voix” des Victoires du Jazz 2017. Hugh Coltman, qui présentait au pan Piper son album Who’s happy?, a livré une performance de grande classe.

L’homme qui s’avance, le grand sourire un peu timide, était très attendu. Chaleureusement accueilli par la grande salle du Pan Piper, il parle un français joyeux avec un accent charmeur. Hugh Coltman, qui vit à Montreuil mais est né en Angleterre en 1972, incarne une musique universelle, une idée festive et romantique du jazz que sa voix unique raconte avec passion.

Ce lundi de mi-février, beaucoup de monde se presse dans la salle. La production, le label, la Sacem, des mélomanes de tous les âges, fans de jazz et du chanteur. Hugh Coltman, beau gosse quarantenaire, barbu et à la mode dans son pantalon et sa veste cintrés, se lance. Auréolé de sa Victoire du Jazz 2017, entouré des ses nombreux musiciens, il est là pour présenter son nouvel album  Who’s happy ?, qui sort le 2 mars 2018. A 45 ans passés, cet album solo est son troisième, en plus des sept déjà produits avec son groupe The Hoax depuis 1994. Autant dire qu’il connaît son affaire, venu le moment de voyager sur les terres infinies du jazz et du blues.

“Qui est heureux ?” demande son album. Hugh Coltman l’est dans la musique, très certainement. Son blues est plein d’énergie, de rires, et impossible de ne pas laisser le rythme s’imprimer dans tous les corps sur “It’s your voodoo working“. Mais il chante aussi des amours nostalgiques, des ballades sobres et émouvantes. Entre elles, il fait quelques blagues, se moque de lui-même avec flegme et complicité. Mais une fois le chant repris, la voix se refait puissante et diablement enjouée.

Hugh Coltman, un peu de New-Orleans à Paris

Les influences sont multiples et s’expriment avec harmonie dans ses morceaux. Celui qui a côtoyé des monuments comme Buddy Guy ou John Lee Hooker vit intensément son art. Il grimace, se tord, complètement possédé par sa performance. Il y a de toute évidence du Tom Waits chez le chanteur. A ses côtés, les différents musiciens jouent avec enthousiasme et parfois virtuosité des partitions où chaque instrument, du piano à la guitare en passant par le trombone, aura son solo.

A la guitare notamment, Hugh Coltman s’est trouvé un partenaire de choix : Freddy Koella. Celui-ci, guitariste et violoniste français installé à Los Angeles, est une référence dans le milieu. Collaborateur de Francis Cabrel, Carla Bruni, mais aussi Eddy Mitchell ou Johnny Halliday, il a accompagné Bob Dylan en tournée pendant un an !

Hugh Coltman est un artiste épanoui et complet. On sent en effet toute la passion et la maîtrise dans le déroulé de ses créations et des standards qu’il interprète avec brio. A l’issue d’un show parfaitement mené, le public applaudit à tout rompre et il y aura plusieurs rappels, pour prolonger un plaisir évident et partagé par tous, avant de pouvoir retrouver début mars ces instants sur son album !

Publié le jeudi 22 février 2018 à 18:22, modifications jeudi 22 février 2018 à 15:36

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