Musique

Concert au Comedy Club : la magnifique performance de Laura Clauzel

Laura Clauzel était sur la scène du Comedy Club ce 26 mars, pour présenter son EP Paria(h). La chanteuse a littéralement subjugué une salle remplie et conquise.

Dans une chic combinaison noire, avec des boucles d’oreilles en plume bleu qui répondent à ses yeux d’un autre bleu, Laura Clauzel chante d’une voix rarement entendue. Ce soir son chant, comme sur son EP Paria(h), s’ouvre sur Female. Un texte poétique et violent sur la condition féminine, accompagné par la musique d’Olivier Bostvironnois, dans une puissante ballade soul et jazz. L’univers de Paria(h) est un bijou de cultures musicales, nourri de grandes chanteuses et de sonorités américaines. Dans l’ambiance feutrée, sous les lustres brillants, Laura Clauzel est chez elle sur scène.

Pour Paria(h), elle est notamment accompagnée par le bassiste Alex Blake, légende du jazz qui a joué avec des monuments comme Chet Baker ou Dizzy Gillepsie. Sur la musique jouée en live par son acolyte Olivier, elle dégage la même puissance qu’un orchestre de jazz. Tout simplement bluffant. Avec grâce, Laura Clauzel ressuscite dans un style contemporain la grande chanson féminine. On écoute, et viennent à l’esprit des figures comme Barbara, Edith Piaf, Billie Holliday. Il y a une véritable racine américaine, un mariage fin entre un style new-yorkais aux accents Nouvelle-Orléans.

Paria(h) est un bel album et une magnifique promesse

Néanmoins, il est impossible de catégoriser strictement Laura Clauzel. Car elle a toutes les gravités : dans la voix, dans ses textes, elle joue avec grâce la pesanteur et la légèreté. Elle danse, elle incarne des personnages et elle chante des histoires qui vous saisissent. Il y a quelque chose d’hypnotique dans son chant. Ses textes sont des tendresses intimes, comme dans “You and Me”. Ou des adresses ironiques et critiques au cynisme et à l’égoïsme de notre époque, les frissonnants “Golden Boy” et “The Face of Shame”. Seule petite frustration : ne pas l’avoir entendue à cette occasion chanter en français. Mais il faut le vivre comme une promesse, car elle n’a sans doute pas fini d’explorer tous les champs ouverts par ses performances.

Il y a alors ce qui est joli, et ce qui est beau. Il y a aussi ce qui est complexe sans être compliqué. La musique de Laura Clauzel est ainsi, belle et complexe, témoignage d’un investissement à la fois sobre et infiniment généreux. C’est sûrement cela qu’on appelle la grande classe, et on en redemande.

Publié le mercredi 28 mars 2018 à 17:35, modifications mercredi 28 mars 2018 à 17:24

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