Musique

Avec Rose, le rappeur Kemmler se fait un nom

MinuteNews était à la release party de Rose, le premier album du rappeur marseillais Kemmler sorti le 8 juin. Depuis, il s’installe confortablement dans les Top et voit sa communauté grandir de jour en jour. Sans prévenir, le jeune homme de 28 ans surprend en proposant un rap inédit et de qualité.

C’était une surprise presque totale. Jusque-là, Kemmler était inconnu du grand public. Le 7 juin, le marseillais présentait à Paris son premier album : Rose. Double clin d’œil, l’un à une des nombreuses rivalités Paris/Marseille, l’autre à un rap actuel encore très sombre. Dans un appartement haussmannien du 8ème, dans une ambiance rosée jusque dans les sneakers et les macarons, le rappeur de s’installe pour un concert acoustique de 4 titres, seulement accompagné d’une guitare. Ultime contrepied. C’est surprenant, étonnamment frais, comme le rosé de la soirée qui glisse facilement.

Le son de Rose est différent, il y a quelque chose du Sud. Il y a des guitares sèches, des ballades ensoleillées, des histoires qu’on entend se dérouler à la sortie d’une soirée chaude. Si on entend la pluie chez d’autres, chez Kemmler on goûte parfois à une solitude plus aride mais lumineuse. Kemmler revendique une inspiration très large, rap US, francophone, mais aussi de la variété, en fait tout ce qui parvient à faire naître l’émotion. Il faut s’y faire, la bonne variété française, bossée et moderne, c’est essentiellement du rap.

Rose is the new black

Les producteurs et beatmakers, la pointure Joachim Pastor, N’to et Duane Charly entourent l’artiste, ainsi que Tolec, pote de toujours. Deux ans de boulot sur l’album Rose, qu’il faut écouter dans l’ordre et en intégralité, pour découvrir ses textes et la diversité de son univers musical. Avec Joachim Pastor, Kemmler réussit deux très bons morceaux avec Minuit Passé et C’est l’heure. Deux titres très différents l’un de l’autre, et qui définissent bien son talent et ses capacités. Il y a de vraies mélodies dans Rose, du genre qui reste en tête très longtemps.

Différent, mais en plein dans son temps. Kemmler a les cheveux mi-longs, il rappe avec un flow grave et apaisé, serein, éloigné du rap de block où se bouffent les egos à grand coups de violence quotidienne. Cheveux mi-longs et textes différents. On peut penser à Orelsan, Lomepal, PNL … Bad boy de Marseille ? Un peu, l’allure et la voix, les textes crus et frontaux, mais surtout de la mélancolie et beaucoup d’amour. On lui a posé quelques questions, une semaine après la sortie de Rose.

L’album est sorti et marche bien, comment te sens-tu depuis la release party ?

Carrément content ! On voulait faire quelque chose de différent de ce qu’on voit généralement pour une release party. Les retours le soir même étaient très bons. Depuis la sortie de l’album C’est vraiment kiffant. Tout est en train de grandir, sur Insta je reçois 150 messages par jour, j’avais pas ça avant ! On rentre dans des playlists, top 50 viral France et Belgique, le nombre de streams augmente vite, franchement c’est incroyable.

Je ne m’étais pas mis d’objectifs, je ne voulais pas voir trop haut, ni trop bas, c’est difficile sur un premier album. C’est tout nouveau pour moi, mais en même temps on s’est donnés à fond pendant deux ans, et je n’ai jamais autant bossé de ma vie !

Qu’est-ce que raconte Rose ?

J’ai 28 ans, ma vie évolue, et sur ce premier album j’ai eu envie de raconter ce que j’étais, ce que je deviens. Il y a toujours moyen de s’améliorer, j’essaye de le faire de jour en jour, dans ma vie et dans la musique. On a choisi ces tracks et on les a mis dans cet ordre précis, ça suit l’évolution de ma vie. Alors évidemment j’exagère des trucs, comme dans « elle m’a quitté », parce que je veux parler des faiblesses qu’on a tous mais je veux faire marrer les gens aussi.

La scène marseillaise sort d’une période plutôt terne, tu es la relève ?

Je n’ai pas cette prétention, et je pense que le rap marseillais se porte pas trop mal. Le rap français se porte bien dans son ensemble, et ici il y a par exemple Jul ou SCH qui ont bien réussi. Mais c’est comme aux US, il y a tellement de styles de rap que chacun peut y trouver son style et son compte. Alors j’essaye d’apporter mon truc, quelque chose de différent. Si je peux le faire, j’en suis le plus heureux.

J’écoute énormément de choses. Musicalement, Kanye West est un génie. J’aime beaucoup Drake, Kendrick, Jay-Z aussi. J’écoute beaucoup de rap francophone, et aussi de la variété française, vraiment j’écoute beaucoup de choses différentes et ça me donne cette diversité, cette différence.

Il y a plusieurs humeurs dans Rose, du hip hop et de l’electro très mélodique, comme sur Minuit Passé.

J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec Joachim Pastor et N’to sur les tracks electro. J’avais le texte, je le trouvais bien mais je ne trouvais pas la musique, et quand j’ai rencontré Joachim Pastor, il a sorti cette prod lunaire. J’ai kiffé immédiatement, alors que ça ne sonne pas forcément hip hop. C’est vraiment une histoire de sensation. Je me dis que si ça me touche à ce point-là, ça va toucher d’autres personnes. Je suis tellement chiant en production, je peux dire non 150 fois, alors je travaille avec peu de beatmakers, ceux avec qui je peux creuser pour trouver le bon mix. Pouvoir se dire les choses, quand on le sent pas, avec transparence. Ils peuvent me dire que là le flow pas bon, je peux leur dire que tel son ne me va pas, etc.

Pour finir, dingue de foot et de l’OM ?

A mort. Le foot c’est une religion totale. Je joue, je regarde tous les matchs, je suis totalement mordu. Je suis content de la saison de l’OM, au niveau de l’émotion c’était beau. Comme Marseille vibre vraiment avec le club, ces dernières années l’ambiance était un peu difficile. Rien ne remplace les titres, mais il y a un projet qui se construit, un mercato qui va être intéressant. Et puis cette saison pleines d’émotions. Je suis content ! Comme dans la musique, je m’intéresse aussi aux autres. En plus de Marseille, j’aime beaucoup Barcelone, mais je respecte à fond le Real Madrid et ce qu’ils ont fait ces dernières années, c’est beau. L’important, c’est l’émotion, le fait de vibrer ensemble.

Publié le mardi 19 juin 2018 à 17:02, modifications mardi 19 juin 2018 à 15:12

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