Musique

Aïtone, premier rendez-vous avec une pop mélancolique

Le groupe de pop progressive Aïtone dévoilait son premier album lors d’un concert au Pop-Up du Label. Une heure de ballades rock nappées d’une electro enveloppante qui murmurent de belles promesses.

Dans la petite salle du Pop-Up du Label, dans le 12ème arrondissement de Paris, sa stature l’oblige presque à baisser la tête pour ne pas toucher le plafond. Ce géant brun, au regard lointain et au sourire complice, c’est Antoine, le fondateur d’Aïtone. Un groupe de pop progressive avec une forte tendance rock né en 2015, et qui présente ce soir son premier album, simplement intitulé… Aïtone. Un album de définition donc : Aïtone, c’est le nom d’une forêt corse, et cela sonnerait presque comme Antoine. Le chanteur arbore d’ailleurs l’Ile de Beauté sur un discret collier. Il y a ces racines, et puis beaucoup d’Angleterre, une influence certaine de Radiohead, pour les ballades déclamées en anglais, nappées d’electro et rythmées par les guitares. Autour du chanteur, les musiciens (batterie, basse, guitare/clavier) jouent des mélodies qui saisissent dès les premiers accords.

L’album compte dix titres qui s’écoutent facilement, avec de l’énergie partagée. Car si le genre est résolument rock et pop, le rappeur parisien Rouda apparaît sur deux titres très réussis. A l’ensemble, Augustin Viard apporte une touche electro authentique et unique avec ses ondes Martenot. A l’écoute de l’album, et en live, ce sont plutôt de belles surprises qui composent Aïtone.

Des promesses à réaliser

Mais une contradiction persiste et affaiblit l’expérience, celle d’un talent et d’une personnalité qui semblent ne pas oser. La voix est expérimentée et séduisante, mais sur scène le chanteur se retient, sur la réserve, presque timide. On sent pourtant que c’est pour la scène que sont destinés les morceaux To The Town et F**k Around. Et puis il y a aussi Lights On, ou encore Boy (clin d’oeil subtil à Out of Time Man de Mano Negra), deux morceaux entraînants et dansants qui fendent la carapace. Le public est dans sa grande partie conquis, prêt à ce que le groupe s’énerve, aille plus loin, se lâche. Mais arrivé au terme de la setlist, Aïtone ne se sera qu’entrouvert, à regrets. A suivre donc, pour savoir si Antoine et ses complices peuvent s’imposer sur la nouvelle scène rock pop.

Publié le lundi 26 février 2018 à 14:36, modifications mardi 27 février 2018 à 11:11

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