Jeux vidéo

L’eSport est devenue une matière comme les autres dans les écoles chinoises

De nombreux cursus professionnels fondés sur l’eSport voient le jour dans le monde, et spécialement en Chine ou ce phénomène prend une ampleur inédite.

Cela peut nous sembler surréaliste, mais les étudiants chinois peuvent désormais prendre des cours de sport électronique. En effet, plusieurs lycéens sont désormais formés pour devenir des gamers professionnels, un secteur en pleine explosion dans le monde.

C’est au sein du lycée technique Lanxiang situé à Jinan dans l’est du pays qu’une cinquantaine d’élèves âgés de 14 à 23 expérimentent actuellement un cursus d’eSport. Cela peut donner lieu à des scènes étranges, pendant lesquels un professeur gronde un étudiant car il est “mort” pendant l’une de ses parties.

Un filière créée dans un lycée

Au lycée Lanxiang, l’eSport est donc devenu une filière professionnelle comme les autres, qui formes des gamers au même titre que des cuisiniers, des coiffeurs ou des plombiers. Celle-ci compte désormais 50 étudiants, et devrait en attirer beaucoup d’autres dans les prochaines années.

Les élèves suivent un cursus de 3 ans, avec une première année commune fondée sur une moitié de cours théoriques et l’autre d’applications pratiques. Puis les élèves sont séparés : les meilleurs pourront devenir joueurs professionnels, tandis que les autres seront formés aux autres métiers du eSport, comme l’organisation de compétitions, l’entraînement des joueurs ou le marketing du jeu vidéo, etc.

Les frais de scolarité pour ce cursus inédit ont été fixés à 13.000 yuans par an, soit 1.700 euros. Toutefois, les gamers les plus talentueux bénéficient d’une bourse qui les dispense de tous frais et son automatiquement intégrés à l’équipe officiel de l’école. Le lycée professionnel prévoit également d’ouvrir ce cursus à plus de 1000 étudiants dans les prochaines années. 

D’autres instituts ont également mis au point des formations fondées exclusivement sur l’eSport comme à l’Université de la communication de Chine à Nankin ou à celle du film et de la télévision à Chengdu. A l’étranger également, de nombreuses universités testent des cursus similaires, comme à Staffordshire en Angleterre qui s’apprête à dévoiler une licence d’eSport en 3 ans. D’autres pays sont également concernés comme la Finlande, la Russie ou la France.

Un secteur désormais incontournable

Selon le directeur du lycée Lanxiang, le secteur du eSport est aujourd’hui “un facteur de croissance économique” qui “ne peut plus être ignoré“. Selon lui, son école ne fait que s’adapter à un marché qui emploie aujourd’hui près de 50 000 personnes en Chine. Le directeur souligne également qu’il faudrait 260 000 emplois de plus pour combler toute la demande du pays, un chiffre impressionnant.

En effet, l’eSport est devenu une véritable discipline permettant à plusieurs joueurs professionnels de se battre lors de grands tournois avec d’importantes sommes d’argent à la clé. Ces grandes compétitions sont retransmises sur internet et généreront 906 millions de dollars en 2018 à l’échelle du monde, soit une croissance de 38,2% par rapport à l’année dernière.  Et la Chine capte à elle seule 18% de cette somme faramineuse. Le pays compte également 260 millions de joueurs.

Teng Xin, un jeune de 22 ans en formation au lycée professionnel de Lanxiang déclare ainsi :

je n’ai pas envie d’un autre travail. Je n’aime que le jeu. L’eSport, c’est un secteur nouveau avec des débouchés prometteurs.

Celui-ci affirme jouer plus de 20 heures par semaine, mais ne souhaite devenir gamer professionnel :

je suis déjà trop vieux pour ça. Mais j’aimerais devenir entraîneur d’équipe professionnelle de League of Legends.

Les parents, d’abord sceptiques, se laissent convaincre

D’après le directeur du lycée Lanxiang,

Au départ, les parents pensaient que ça consistait uniquement à jouer aux jeux vidéos. Une partie des cours, c’est bien sûr la pratique des jeux vidéos. Mais on forme les élèves à tous les métiers du secteur.

Cet argument semble ainsi avoir convaincu les parents d’élèves, qui sont toutefois souvent sceptiques par rapport à ce nouveau cursus.

Ainsi, le jeune Song Jinze, âgé de tout juste 16 ans, affirme qu’il veut devenir présentateur de compétitions d’eSport. Mais il a dû lutter auprès de ses parents pour les convaincre :

Au début, mes parents étaient contre. En Chine, les mentalités sont encore traditionnelles. Mais j’ai utilisé tous les moyens de persuasion possibles. Finalement, ils ont cédé.

Pour le jeune homme,

l’eSport, c’est vraiment du sport. Jouer, ça permet de renforcer ma vitesse de réaction et d’être plus adroit quand je tape sur le clavier.

Publié le dimanche 25 février 2018 à 13:52, modifications dimanche 25 février 2018 à 13:47

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