Culture

World Press Photo 2018 : Ronaldo Schemidt récompensé pour son cliché d’un manifestant vénézuélien enveloppé par les flammes 

La photo prise le 3 mai 2017, par le photographe de l’AFP Ronaldo Schemidt, pendant des émeutes à Caracas a obtenu le premier prix du World Press Photo 2018.

STORY - Episode 17/17

Cet article fait partie d'une "story" (une story est un ensemble d'articles relatifs à un sujet précis suivi par nos journalistes)
Tout lire : Crise au Venezuela

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédent

Le photographe de l’AFP Ronaldo Schemidt a remporté jeudi 12 avril le prestigieux prix de la photo de l’année au World Press Photo 2018. Son cliché montre un manifestant masqué et en flammes prise pendant des émeutes à Caracas au Venezuela.

Le jury décerne le premier prix à la photo de Ronaldo Schemidt intitulée ‘Crise au Venezuela’.

Ont annoncé les jurés au cours d’une cérémonie à Amsterdam. Cette même photo a par ailleurs obtenu le premier prix dans la catégorie Spot News.

Le World Press Photo est une organisation indépendante qui soutient le photojournalisme. Basée à Amsterdam, elle est mondialement reconnue pour son concours annuel de photographie de presse.

Ainsi, le cliché de Ronaldo Schemidt a été prise le 3 mai 2017 au moment des violents affrontements entre la police antiémeutes et des opposants au président vénézuélien Nicolas Maduro. Par ailleurs, les jurés ont expliqué avoir décerné la plus haute récompense à cette image parce qu’elle « déclenche une émotion instantanée ».

La photo d’un pays qui brûle

C’est assez symbolique. L’homme a un masque sur le visage. C’est comme s’il ne se représentait pas seulement lui-même, ou lui-même en feu. Mais aussi l’idée d’un Venezuela qui brûle.

A expliqué une des sept jurés, Whitney C. Johnson, la directrice adjointe de la photo au National Geographic.

Installé au Mexique, Ronaldo Schemidt avait été envoyé au Venezuela, dont il est originaire, pour couvrir les troubles au printemps 2017. Ce jour de mai, il a vu des protestataires s’en prendre à une moto de la Garde nationale. Or, le réservoir de l’engin a soudainement explosé au visage de José Victor Salazar Balza, un manifestant de 28 ans.

J’ai senti le feu dans mon dos et j’ai réagi par réflexe. Je me suis mis à prendre des photos sans savoir ce que je photographiais. Ce n’est qu’au bout de quelques secondes que je me suis aperçu qu’il y avait quelqu’un qui brûlait.

S’est souvenu Ronaldo Schemidt.

Le photographe a toutefois rassuré : le jeune homme a subi de graves brûlures, mais il a survécu. Pour rappel, les violences, entre avril et juillet 2017, avaient fait 125 morts.

J’étais vraiment choqué par ce que je voyais. Je n’avais jamais assisté à quelque chose d’aussi violent.

A expliqué le photographe.

C’est un reflet de ce qui se passait alors au Venezuela. Et maintenant c’est encore pire.

A-t-il regretté.

En effet, le prix est une récompense aigre-douce pour le photographe vénézuélien de 46 ans. Celui qui a quitté son pays il y a 18 ans a laissé sa famille dans cet Etat d’Amérique du Sud. Or, ses proches continuent de subir elle aussi les pénuries, l’hyperinflation et les privations provoquées par la crise au Venezuela.

D’autres photographes de l’AFP récompensés

Deux autres photographes travaillant pour l’AFP, Oliver Scarff et Juan Barreto, ont été récompensés jeudi par le World Press Photo 2018.

Ainsi, Oliver Scarff, photographe freelance basé à Londres, a reçu le premier prix dans la catégorie Sport pour une image en noir et blanc prise pendant un match de football à Ashbourne, en Angleterre.

Quant à Juan Barreto, basé à Caracas, s’est vu remettre le troisième prix dans la catégorie Spot News pour des images prises également pendant les troubles au Venezuela.

Publié le vendredi 13 avril 2018 à 11:56, modifications vendredi 13 avril 2018 à 10:28

Naviger dans la "Story"

<< Episode précédent

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !