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Secrets d’Histoire : Le numéro consacré à Marie de Médicis dévoile le destin d’une reine avide de pouvoir, prise à son propre jeu

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Hier soir sur France 2, les téléspectateurs ont pu découvrir un sujet inédit concocté par l’émission culturelle Secrets d’Histoire. Cette fois-ci le programme, réputé pour ses portraits de personnalités historiques s’est intéressé au destin de Marie de Médicis, la seconde épouse d’Henri IV.

L’épisode présenté par Stéphane Bern était intitulé « L’obsession du pouvoir », en référence aux ambitions que la souveraine nourrissait depuis sa jeunesse en Toscane, son pays natal. Membre de la puissante famille des Médicis, Marie naît en 1575 de l’union du Grand-Duc François Ier (à ne pas confondre avec le Roi de France) et de l’archiduchesse Jeanne d’Autriche.

Une Médicis “banquière”

Cette dernière, peu appréciée par la cour, va goûter aux joies d’être mariée à l’un des rois les plus infidèles que le trône de France ait connu, et des plus épicuriens : Henri IV, dit de Navarre, initialement marié à la spéciale Marguerite de Valois (la Reine Margot). Le couple a 22 ans d’écart et s’unit à Lyon en 1600 (Début du XVIIe siècle). Du fait de l’implication de sa famille, banquiers et créanciers de renoms, dans l’effacement de la dette Française auprès de la banque florentine, elle ne tarde pas être critiquée pour son rapport à l’argent et se verra attribuer le surnom de « Grosse banquière » par Henriette d’Entragues, maîtresse favorite de son époux.

Impliquée dans l’assassinat de son mari ?

L’épisode d’hier soir est revenu sur l’épineuse question de son implication dans la mort de son mari, survenue à Paris en mai 1610 alors qu’ils se rendaient carrosse chez Sully, ami et conseiller du roi. L’assassinat le plus célèbre de l’Histoire, officiellement orchestré par le coupable François Ravaillac qui dans la version reconnue lui a reproché d’avoir une dent contre les Catholiques, en pleine guerre de religions. Secrets d’Histoire a donc abordé la version officieuse, soutenue par l’écrivain Honoré de Balzac, selon laquelle Marie de Médicis serait à l’instigatrice du régicide.

Le motif probable de cet assassinat ? Des années de rancœur, peut-être, et une horde de bâtards royaux et de maîtresses lui faisant de l’ombre, ou simplement l’envie de gouverner. Les historiens n’ont aucune preuve réelle de son véritable rôle dans cette affaire. Mais le documentaire évoque également la seconde partie de sa vie, et notamment son déclin face au cardinal de Richelieu et son fils Louis XIII, âgé de huit ans à la mort d’Henry IV.

Reine de l’évasion

Car une fois veuve, la Reine aurait tenté de faire durer sa régence, à laquelle elle avait fini par prendre goût. D’abord mécène, se liant d’amitié avec le peintre Rubens, elle fût par la suite esseulée par l’embastillement de ses principaux partisans et proches conseillers venus d’Italie, jalousés par la noblesse française. L’attardement de Marie de Médicis sur le trône finira par agacer son fils Louis XIII, qui organisera un coup d’État contre elle, l’enfermant au château de Blois. Celle-ci alors âgée de 47 ans est plus que motivée pour reprendre le pouvoir et organise en 1619 une évasion spectaculaire qui marquera l’Histoire, s’échappant par la fenêtre à l’aide d’une corde. Durant sa fuite, elle aurait franchi un mur de 40 mètres.

Sa stratégie politique se retourne contre elle

Admise par la suite au Conseil du Roi par son fils, sur les recommandations de son protégé qu’elle a introduit en politique, le Cardinal de Richelieu, Marie de Médicis fait son grand retour. Mais elle peine à s’imposer au côté de l’entourage de son fils, guidé en coulisses par l’opportuniste Richelieu. Ne parvenant pas à évincer le cardinal qu’elle avait pourtant réussi à faire ministre de son fils, la reine-mère est priée de prendre congé au château de Compiègne, d’où elle s’évade à nouveau. Exilée, elle finira ses jours ruinée et déchue sans jamais pouvoir reprendre ses quartiers à la cour de France.

Elle aura au moins eu le mérite d’attiser la méfiance de son petit-fils, un certain Louis XIV, qui peinera également à écarter du pouvoir le cardinal Mazarin, nommé régent par sa mère Anne d’Autriche. L’un des facteurs le conduisant à instaurer une Monarchie Absolue, pour que le doute ne soit plus permis.

Les époux réconciliés dans la mort ?

Marie de Médicis décède en juillet 1642 et est inhumée à Saint-Denis sans grande cérémonie. Son cœur est transporté à La Flèche au côté du palpitant de son mari, Henri IV, qui en avait fait la demande de son vivant. Un roi au grand cœur ?

Publié le vendredi 20 juillet 2018 à 15:32, modifications vendredi 20 juillet 2018 à 14:17

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