Culture

Pieds Nus dans le Parc- Renouveau au Guichet Montparnasse

Si on refaisait le voyage de la fameuse pièce "Barefoot in the parc" écrite en 1963 par l'américain Neil Simon ?

Une comédie qui foisonne d’expressions très imagées et qui vous fournira quelques clés pour vous éviter la rupture.

Figurez-vous que c’est justement ce qu’a fait une jeune troupe vincennoise crée en 2016.
Intrigué, je décidais de prendre un aller simple de Paris pour Broadway y voir “La Compagnie Faire-plaît” jouer sur les planches du théâtre “Le Guichet Montparnasse“, “Pieds Nus dans le Parc”.

Et vous, que seriez-vous prêt à faire pour sauver le bonheur de votre couple ?

Assis au premier rang, j’ai la sensation d’être au milieu de la scène. Dans une salle de spectacles atypiques, il me suffirait de tendre nonchalamment le bras pour attraper dans mon filet l’un des comédiens du spectacle. J’étais impatient d’assister à l’adaptation de “Pieds Nus dans le Parc” et de voir sous les projecteurs les “Petits Frenchies“.

N’oublions pas que ce qui fut un succès du théâtre New-Yorkais des années 60 a été aussi un film réalisé par Gene Saks avec Robert Redford et Jane Fonda dans les rôles principaux. Sans vous révéler les meilleurs moments de cette comédie grinçante sur l’histoire de ces deux jeunes mariés terriblement épris l’un de l’autre après six jours de lune de miel passés dans un palace parisien, cette adaptation est une nouveauté pour moi dans ce qui fut un succès théâtral New-Yorkais des années 60.

Peu de comédiens et de comédiennes peuvent se prévaloir d’arpenter sans fausses notes les premières fois, toujours intimidantes. Ce soir-là, j’ai vu un formidable précipité d’audace et d’intemporalité dans le jeu. Emmeline Naert y interprète avec fougue et sensualité Corie Bratter, jeune mariée à l’esprit bohème et passionnément éprise de son mari, Paul Bratter, jeune avocat ambitieux et un peu “coincé”, interprété sans artifice comme on s’y attends par Louis-Emmanuel Isnardon.

Tout au long de la pièce, ce duo m’a fait basculer de l’énergie à l’émotion, de l’émotion à la violence d’aimer. Dans cette adaptation nouvelle ou la passion des jeunes mariés est mise à l’épreuve, Dominique Martinelli qui a assuré la mise en scène de la pièce, interprète également le rôle de la belle-mère envahissante de Paul, Ethel Banks. D’une fragilité impudique, voire même d’une pudeur surannée, son jeu instaure un rapport intime avec sa fille Corie et sa quête d’authenticité participe à créer un partage “diaboliquement croustillant” d’humour avec le public.

Quant à Daniel Counillet, il est désespérément drôle dans le rôle de Victor Velascovitch. Voisin squatter du dessus à la bonhomie légère, l’instinct dragueur, ce généreux sexagénaire qui désire en apparaître dix de moins est un tourbillon sur scène dont la force de vie est contagieuse. Étrange mais heureux, il génère sans le savoir des hormones euphorisantes dans le public. Sans oublier le spirituel et philosophe installateur de la fibre Henri Poivre, interprété par un tout jeune comédien, Duncan Jaubert.

Pour conclure, cette nouvelle adaptation de “Pieds Nus dans le Parc” est une comédie théâtrale qui ne laisse pas indifférente, un spectacle empreint de fantaisie.

Avec une incroyable débrouillardise sur scène, les comédiens inspirés ajoutent au cocasse des mots qui rend le spectacle trop court, une réflexion drôle sur comment préserver la passion de la routine quotidienne. C’est drôle et tendrement courageux !

A bon entendeur, courez vite voir tous les jeudis à 18h45 et ce, jusqu’au 28 juin, “Pieds Nus dans le Parc” au théâtre “Le Guichet Montparnasse“.

Publié le mercredi 25 avril 2018 à 18:31, modifications vendredi 27 avril 2018 à 11:35

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