Culture

“Si tu m’emmerdes je rentre à Namur”, une pièce de théâtre “diaboliquement humain”

Ce vendredi 3 novembre, j’ai passé un moment rare au café-théâtre de l’Alambic.

Installé dans le noir de cette petite salle de spectacles du 18ème arrondissement de Paris, j’ai assisté à une étonnante série de sketchs écrite par Evelyne Béguin et mise en scène par Laetitia Bisch, “Si tu m’emmerdes je rentre à Namur !”

Eh bien, croyez le ou pas, mais à ma grande surprise j’ai trouvé cela “délicieusement sale et méchant mais diaboliquement humain”. Autrement dit, c’est rarement très fin mais qu’est ce que c’est “fendart !”. Dans une société, aujourd’hui aseptisée par le politiquement correct, celui-ci s’en trouve chassé l’instant de ce spectacle.

Mais de quoi ça parle ?

C’est avant tout un duo. Deux amies comédiennes. Caroline Franc au talent contorsionniste qui ondule avec innocence à chaque mouvement de sa comparse, Evelyne Béguin, à l’écriture de cette série de 5 sketchs hilarants.

Elles trainent en toute impunité des personnages débraillés, mal fagotés, dyslexiques, au “bord du ridicule” mais des personnages d’une grande générosité.

C’est également des répliques qui taillent : ” Si j’avais de l’eau dans mon corps, je crois que je pleurerai…” s’amuse à dire l’une des deux comédiennes dans le sketch des deux quadragénaires “célibato-alcooliques”.

Et que dire sur le sketch de la maman “chti RMIste” au phrasé d’un naturel déconcertant qui explique la raison de l’absence de ses deux jumelles de 14 ans à la présentatrice vedette d’une téléréalité venue spécialement de Paris pour les rencontrer.  “Comme si une échographie permettait de connaitre le nom du père”. Sans oublier Gisèle, la secrétaire de la hautaine docteur Duval qui ne cesse de lui rappeler “l’obsolescence programmée de sa mémoire”. Vous l’aurez compris, c’est un spectacle vivant, apparemment pas comme les autres.

Pour celui ou celle qui manifeste généralement une grande pudeur, je ne peux que vous recommander de fuir sans vous retourner et d’attendre votre prochaine vie sur terre.

Pour les anticonformistes et tous les autres, ces drôles de femmes affichent clairement l’objectif de transgresser le politiquement correct et ça fait un bien fou ! A bon entendeur, très bon spectacle.

Publié le mardi 7 novembre 2017 à 17:34, modifications mercredi 22 novembre 2017 à 15:15

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !