Culture

Martin Gray : décès « d’un résilient »

Survivant des camps de concentration et auteur d’Au nom de tous les miens, l’écrivain Martin Gray est décédé.

Martin Gray a été retrouvé mort dans la piscine de sa résidence de Ciney (en Belgique) dans la nuit du 24 au 25 avril à deux jours de son 94ème anniversaire.

Il était l’incarnation de ce qu’on a pris l’habitude de nommer la résilience. Il avait fait de sa vie la transmission et l’éducation avec une « indéracinable foi en l’homme ».

Né en Pologne, de son vrai nom Mietek Grayewski, Martin Gray a 17 ans lorsque les Allemands envahissent son pays. Dans le ghetto de Varsovie, dans lequel il est enfermé comme tous les juifs, il fait de la contrebande et réussi à se faire suffisamment de relations pour sauver son père de la déportation. Lui, est déporté avec sa mère et ses deux frères dans le camp de Treblinka et sera le seul survivant de sa famille.

Réussissant à s’échapper, il parvient à retrouver son père à Varsovie, mais ce dernier se fait fusiller devant ses yeux et il est enfermé de nouveau.

Néanmoins, parvenant à fuir, il termine la guerre dans l’Armée Rouge et s’exile en 1947 aux Etats-Unis.

Il s’y enrichit en vendant à des antiquaires américains des porcelaines et des lustres non antiques, qu’il fait fabriquer en Europe.

Devenu citoyen américain en 1952, il rencontre sa future femme Dina Cult en 1959. Ils quittent les Etats-Unis pour s’installer dans le Sud de la France à Tanneron (près de Mandelieu dans le Var) où Martin Gray devient exploitant agricole.

En octobre 1970, son épouse et ses quatre enfants périssent dans un incendie. Au bord du suicide, il déclarera plus tard avoir décider de lutter pour devenir un témoin et trouver la force de survivre par l’écriture qui deviendra pour lui une thérapie.

En 1971, il sorti Au nom de tous les miens qu’il a écrit avec l’aide de Max Gallo, qui a mis en forme son autobiographie :

J’ai recomposé, confronté, monté des décors, tenté de recréer l’atmosphère

écrit l’écrivain historique dans sa préface.

Le best seller, qui fera l’objet de nombreuses polémiques (certains estimant que des épisodes du livre ont été romancés), sera adapté au cinéma en 1983 en une fresque de 2h30, puis décliné en téléfilm à succès avec l’actrice Brigitte Fossey et Macha Méril.

Après s’être remarié deux fois et être devenu père de cinq enfants, Martin Gray quitte le Sud de France en 2001 et s’installe en Belgique à Uccle (dans l’agglomération bruxelloise).

Il publiera Au nom de tous les hommes en 2004 et Ma vie en partage, entretiens avec Mélanie Loisel en 2014.

C’est un grand Monsieur qui disparaît. C’est un exemple pour la jeunesse

a confié le bourgmestre de Ciney, Jean-Marie Cheffert.

Le médecin légiste chargé de l’autopsie n’a relevé aucun élément suspect.

Martin Gray a incarné la tragédie de son siècle dont il a témoigné dans un récit qui a bouleversé le monde et connu un succès mondial

a déclaré la ministre française de la Culture et de la Communication, Audrey Azoulay, saluant en lui “un symbole de résilience”.

Publié le mardi 26 avril 2016 à 11:41, modifications dimanche 20 novembre 2016 à 1:25

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