Culture

L’Unesco inscrit la vieille ville de Hébron au patrimoine mondial de l’humanité

La vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée, a été inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en tant que site « d’une valeur universelle exceptionnelle ».

L’Unesco a déclaré vendredi 7 juillet que la vieille ville de Hébron, en Cisjordanie occupée était dorénavant une « zone protégée » du patrimoine mondial, en tant que site « d’une valeur universelle exceptionnelle en danger ».

Ainsi, c’est depuis Cracovie, dans le sud de la Pologne, que la résolution polémique a été adoptée.

Douze membres du Comité ont voté pour l’inscription. Six se sont abstenus et trois ont voté contre.

Alors que l’Autorité palestinienne s’est immédiatement félicitée d’un « succès » diplomatique, les réactions ont été plus virulentes du côté israélien.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié de « souillure morale » la décision de l’Unesco. Il a affirmé qu’elle niait l’histoire juive de la cité.

La décision de l’Unesco sur Hébron et le tombeau des Patriarches est une souillure morale. Cette organisation sans importance promeut l’histoire fausse. Honte à l’Unesco.

A rajouté sur Twitter peu après le vote le porte-parole du ministère, Emmanuel Nahshon.

L’un des moments les plus déshonorants de l’histoire de l’Unesco.

A déploré l’ambassadeur de l’État hébreu auprès de l’organisation.

Enfin, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a qualifié la décision de l’Unesco de « délirante ».

Hebron, un lieu de convoitise

Alors pourquoi de tels ressentiments ?

La ville de Hébron, à une trentaine de kilomètres au sud de Jérusalem, est considérée comme l’une des plus anciennes cités du Proche-Orient encore habitée.

Avec, ses 4.000 ans d’existence, Hébron est considérée comme une ville sainte par les trois grandes religions monothéistes.

Par conséquent, tout au long de son Histoire, la ville a connu à plusieurs reprises la cohabitation d’une minorité juive aux côtés d’une majorité musulmane.

Aujourd’hui Hébron compte plus de 200.000 habitants Palestiniens, et entre 500 et 850 colons israéliens concentrés dans et autour du vieux quartier.

Si la ville, la plus peuplée de Cisjordanie, est sous contrôle de l’Autorité palestinienne, son centre historique est occupé par l’armée israélienne depuis 1997.

Ainsi, cette situation inédite fait de Hébron la seule ville de Cisjordanie à être colonisée « de l’intérieur ».

C’est précisément dans cette partie de la ville contrôlée par Israël que se trouve un imposant bâtiment de pierre. Objet de toutes les convoitises et aux appellations diverses.

Celui-ci il abriterait la dépouille d’Abraham, considéré comme le père des trois monothéismes. Mais aussi de son fils Isaac, de son petit-fils Jacob et de leurs épouses Sarah, Rebecca et Léa.

Sacré à la fois pour les musulmans et pour les juifs, cet ensemble est aujourd’hui divisé en une mosquée et une synagogue.

Pour les Palestiniens ce site est menacé en raison d’une montée « alarmante » du vandalisme contre des propriétés palestiniennes dans la vieille ville, qu’ils attribuent aux colons israéliens.

C’est d’ailleurs en raison de ce contexte tendu que l’Autorité palestinienne a demandé l’inscription d’Hébron au patrimoine mondial en urgence.

En effet, sa candidature ne devait initialement être présentée qu’en 2018.

À Cracovie, le processus d’élection des sites jugés de haute valeur se poursuit jusqu’au 9 juillet inclus.

Vendredi, L’Unesco a également inscrit la réserve naturelle du Complexe W-Arly-Pendjari, à la frontière entre le Bénin, le Burkina Faso et le Niger, sur la liste du patrimoine mondial.

Éléphants, lamantins, guépards, lions et léopards vivent encore à l’état naturel dans cette vaste étendue de savane.

Publié le samedi 8 juillet 2017 à 9:31, modifications samedi 8 juillet 2017 à 9:22

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