Culture

Le mystérieux sourire de la Joconde serait en fait dû… à une maladie !

Mona Lisa, la célèbre Joconde, aurait souffert d’une maladie de la thyroïde, qui expliquerait son sourire en demi-teinte.

Cela fait maintenant près de 500 ans que le sourire de Mona Lisa fascine des générations d’observateurs curieux. Mais quel est donc le secret de son sourire aussi mystérieux ? Pour les deux médecins américains Mandeep Mehra, qui enseigne à la Harvard Medical School, et Hilary Campbell, issue de l’université de Californie à Santa Barbara, la réponse est pourtant claire : Mona Lisa souffrait d’une maladie de la thyroïde.

La Joconde était sûrement malade

Les deux médecins se sont livrés à une analyse approfondie du faciès de la célèbre Joconde pour déterminer l’origine de sa maladie dans une publication parue dans le journal Mayo Clinic Proceedings. En effet, la jeune femme souffrait vraisemblablement d’un maladie nommée “hypothyroïdie”. Il faut dire que les deux médecins ont eu la tâche facilitée par la main experte de Léonard de Vinci, qui a peint avec une grande précision les détails de l’anatomie de Mona Lisa.

Mandeep Mehra et Hilary Campbell se sont penchés sur une série de détails physiques qui laissent tous penser que la Joconde souffrait d’une défaillance de la glande thyroïde, qui se traduit par une production insuffisante d’hormones. En effet, le teint jaunâtre de la jeune femme, le léger gonflement de sa peau ainsi que son absence de pilosité faciale (surtout au niveau des sourcils) et ses cheveux clairsemés sont autant de symptômes classiques de l’hypothyroïdie. Les deux médecins ont également relevé la présence de petites excroissances présentes sur le visage et les mains de la Joconde, et qui peuvent témoigner d’un goitre, infection dont souffrent souvent les malades de la thyroïde. 

Une diagnostic erroné par le passé

Mais ce n’est pas la première fois que des médecins se livrent à un diagnostic précis des symptômes de Mona Lisa. En effet, en 2004, des scientifiques avaient déjà remarqué les excroissances présentes sur la main et le coin de l’oeil de la Joconde, qui témoignent d’un trouble des tissus graisseux. Mais ces derniers avaient émis une conclusion différente, puisqu’ils avaient estimé qu’elle était atteinte d’hyperlipidémie, une maladie cardiovasculaire qui entraîne une surabondance de graisse dans le sang. Ils avaient également estimé que son sourire crispé pouvait être dû à une paralysie faciale, et que la Joconde devait être morte prématurément à cause de tous ces symptômes.

Pourtant, Mandeep Mehra et Hilary Campbell ont apporté les preuves que ces résultats ne sont pas exacts. En effet, on sait de source sure que Mona Lisa a vécu jusqu’à 63 ans, ce qui exclut l’hypothèse d’une mort prématurée. En outre, il n’existe pas de paralysie faciale qui n’atteigne que la bouche, et la Joconde aurait dû avoir d’autres signes de cette affection si elle en avait été atteinte. Ces raisons les portent donc à croire qu’il s’agit bel et bien d’une hypothyroïdie. 

Cette maladie entraîne aussi souvent des perturbations neurochimiques pouvant aboutir à un état dépressif prolongé ainsi qu’à un retard psychomoteur important. Ces symptômes permettraient donc d’expliquer l’absence de sourire de la jeune femme, d’après les deux médecins.

Une maladie liée à une grossesse difficile ?

En se penchant sur la vie de Mona Lisa, Mandeep Mehra et Hilary Campbell ont pu trouver des éléments qui corroborent leur thèse. En effet, le portrait de De Vinci a été peint en 1503, soit quelques mois seulement après que Mona Lisa a donné la vie. Or, l’hypothyroïdie affecte souvent les femmes après l’accouchement.

Les conditions de vie de l’époque pourraient également confirmer ce diagnostic. En effet, cette affection semblait être assez répandue dans l’Italie du début du XVIème siècle, notamment à cause d’un régime alimentaire souvent très pauvre en iode. En outre, de nombreuses personnes atteintes de cette maladie sont représentées dans d’autres toiles de la Renaissance.

Toutefois, de l’aveu même des auteurs de cette étude passionnante, leur diagnostic reste à prendre avec des pincettes. D’autres facteurs pourraient expliquer les symptômes relevés. Toutefois, d’un point de vue strictement médical, ils estiment que leur conclusion est la plus réaliste possible pour répondre à l’énigme de Mona Lisa. Une chose est sure, la jeune femme n’a certainement pas encore dévoilé tous ses mystères. 

Publié le lundi 17 septembre 2018 à 8:42, modifications lundi 17 septembre 2018 à 8:43

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