Culture

Gotlib, le dessinateur de Rubrique-à-Brac, est décédé

« De Pilote à Fluide glacial, il a révolutionné la façon de faire de la bande dessinée »

Gotlib, le célèbre auteur de BD, Gai-Luron, Rubrique-à-brac, est mort ce dimanche 4 décembre à l’âge de 82 ans.

Gotlib, de son vrai nom Marcel Gottlieb, auteur de bande-dessinée est décédé dimanche 4 décembre à l’âge de 82 ans.

La famille de Marcel Gotlib vient de nous apprendre le décès ce jour de Gotlib

Ont annoncé les éditions Dargaud qui fait part de son « immense tristesse ».

Le dessinateur est décédé « brutalement à son domicile dans les Yvelines », a précisé l’éditeur.

A la fois dessinateur et scénariste, Gotlib était né à Paris en 1934 dans une famille d’origine juive hongroise.

Il a travaillé avec les plus grands noms de la bande-dessinée tels que Franquin, René Goscinny ou encore Albert Uderzo.

Un grand artiste

Avec les dessinateurs Nikita Mandryka et Claire Bretécher, il a fondé le journal L’Écho des Savanes en 1972. Ensuite, en 1975, Gotlib a lancé sa propre revue Fluide glacial. Le mensuel d’humour à l’esprit libertaire deviendra l’un des plus importants du genre.

Les millions de lecteurs ayant appris à rire dans les pages de la Rubrique à brac, des Dingodossiers ou de Gai Luron perdent un humoriste fascinant, un dessinateur virtuose, un touche à tout iconoclaste et un ami cher qui parvenait à provoquer le rire à la moindre de ses pages

a déclaré Dargaud.

En effet, l’œuvre prolifique de Gotlib a marqué plusieurs générations de lecteurs. Par conséquent, il représente, parmi la bande-dessinée, une figure emblématique du paysage culturel.

Le dessinateur a effectivement bouleversé la bande dessinée dans les années 1960, en désacralisant les clichés de la narration dans un magnifique délire d’absurdité. Au départ créé en 1964 dans l’hebdomadaire Vaillant (l’ancêtre de Pif Gadget) pour n’être qu’un personnage de passage, Gai Luron, sorte de Droopy à la française, est devenu le personnage auquel on associait immédiatement Gotlib.

Auteur tout-terrain, Gotlib a créée en 1972 un personnage, sans doute le plus politisé de sa carrière : Superdupont. Avec son béret et ses charentaises, il n’a de cesse de lutter contre vents et marées contre « l’anti-France ».

Le dessinateur Gotlib est décédé

Le roi de l’autodérision

À travers lui, le dessinateur, dont le père est mort dans le camp nazi de Buchenwald, se moquait d’un pays replié sur lui-même, et dénonçait sans fard le racisme.

Quant à l’œuvre dont Gotlib se disait le plus fier, il  parlait de la Rubrique-à-brac.

Avec sa rubrique qu’il avait imaginé dans le journal Pilote en 1968, Gotlib traitait de sujets de la vie quotidienne sur le ton décalé de la parodie. Le père de Gai-Luron y introduisait allègrement l’absurde, l’autodérision et une joviale subversion.

Je n’ai pas arrêté de me raconter, surtout dans Rubrique-à-brac, mais toujours avec recul et dérision. Ça m’amuse de me dessiner sur un piédestal. Je me grandis parce que je ne suis pas grand-chose

Avait ainsi déclaré Gotlib dans L‘Express en 2014, au moment de son exposition Les mondes de Gotlib au Musée d’art et d’histoire du judaïsme.

Publié le lundi 5 décembre 2016 à 9:01, modifications lundi 5 décembre 2016 à 7:27

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