Culture

Décès de Pierre Henry, le musicien « grand-père de tous les DJ du monde »

Pierre Henry, qui se définissait comme le « père de la musique moderne » est décédé. Les témoignages d’admiration au maître de la musique concrète se sont multipliés.

Inventeurs de sons et de bruits, ami des chorégraphes et des plasticiens, Pierre Henry est décédé, à l’âge de 89 ans dans la nuit de mercredi 5 juillet, à l’hôpital Saint-Joseph à Paris.

Il est décédé cette nuit. Il allait fêter ses 90 ans en décembre.

A annoncé Isabelle Warnier, son assistante et proche de la famille au micro de l’AFP.

Souvent considéré comme le « grand-père de la techno », Pierre Henry préférait se définir, sans modestie, comme le « père de la musique moderne ».

En effet, le compositeur français a surtout été célébré comme l’un des initiateurs de la musique concrète, inventée avec Pierre Schaeffer.

Une musique « métaphysique et humaine »

Authentique musicien de formation classique né le 9 décembre 1927 à Paris, Pierre Henry a commencé très tôt sa vie de musicien.

Entré à 10 ans au Conservatoire de Paris dans les classes de piano, de percussion et d’écriture puis de composition, il disait s’être lancé dans la carrière de percussionniste

en tapant sur tout ce qui se trouvait à ma portée. Toutes sortes d’ustensiles, les tables, les tambours, etc.

Enfant, il avait commencé par l’écoute du monde qui l’environnait, au dehors, dans le jardin. Mais aussi dans la maison de ses parents.

J’en suis arrivé au moment de créer un bruit. Et parvins à créer quelque chose d’entièrement nouveau, un son inouï extrêmement complexe et extraordinaire. Au début, je voulais inventer quelque chose d’étrange.

En 1949, il rencontra l’ingénieur Pierre Schaeffer.

Ensemble, ils fondèrent en 1950, à la Radio-télévision française, le Groupe de recherche de musique concrète (GRMC).

Ainsi, sa musique se voulait « métaphysique et humaine ».

En effet, peuplée de bruits divers, d’objets du quotidien et de stridulations méconnaissables, elle était une matière sonore propice à l’imagination. Du « cinéma en chambre » ou de la peinture, comme il la décrivait lui-même.

En outre, il fut une source d’inspiration pour de nombreux chorégraphes, tels que George Balanchine, Merce Cunningham ou Maguy Marin.

Cependant, sa plus féconde collaboration fut avec le chorégraphe Maurice Béjart.

Il lui composa une quinzaine d’oeuvres, dont Messe pour le temps présent. Un ballet créé en 1967 au Festival d’Avignon.

Enfin, le jerk électronique Psyché Rock, co-écrit avec Michel Colombier a connu un réel succès commercial.

Il fut même repris dans des publicités et l’industrie du cinéma.

Il a notamment été remixé par les musiciens de la scène électronique Fatboy Slim, Saint Germain ou encore Dimitri from Paris.

De nombreux hommages

A l’annonce de sa disparition, des artistes et institutions ont exprimé leur chagrin de voir partir ce précurseur de la musique contemporaine.

Jean-Michel Jarre au micro de France Info, jeudi 6 juillet, a ainsi rendu hommage à Pierre henry :

À titre personnel, c’est une disparition qui me touche beaucoup puisque ça a été un de mes mentors, un de mes professeurs avec Pierre Schaeffer. Si je suis là aujourd’hui, c’est grâce à lui.

Dans le même temps, l’INA a posté sur son compte Twitter une interview de Pierre Henry en 1970.

Le journaliste Romain Burrel, des Inrocks, a rappelé aux internautes son morceau le plus célèbre, Psyché Rock. Un air que beaucoup connaissent notamment grâce au générique de la série Futurama de Matt Groening.

Publié le vendredi 7 juillet 2017 à 12:33, modifications vendredi 7 juillet 2017 à 11:38

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