Culture

Chuck Close accusé d’inconduite sexuelle interdit d’exposition

Face à des accusations visant différents artistes, la National Gallery of Art (NGA) de Washington, un des musées les plus grands au monde, a choisi de reporter ces expositions. Une grande décision pour le milieu artistique qui prend position dans les débats de harcèlements sexuels

Le célèbre Chuck Close se trouve être l’un des artistes dans le collimateur. Connu pour ses peintures et photographies représentatives de l’hyperréalisme, l’artiste américain fait l’objet de diverses accusations depuis la fin de l’année 2017.

Des accusations multiples envers les artistes

Des femmes témoignent de leurs visites au studio de l’artiste Chuck Close, dans le but d’être photographiées ou auditionnées, et évoquent des comportements indécents et ouvertement sexuels. Paroles sexuellement explicites, demandes de se déshabiller ou encore commentaires vulgaires, ce sont 6 femmes au total qui rapportent leurs pénibles expériences aux côtés de l’artiste.

Bien que l’homme rejette toutes allégations, le scandale reste ouvert. Au coeur de cette polémique se trouve également Thomas Roma, photographe et professeur de l’université de Columbia. Plusieurs de ses anciennes étudiantes se sont confiées au New York Times, évoquant les multiples avances et harcèlements dont elles ont fait l’objet. Face à ces témoignages, l’artiste a annoncé la fin de sa collaboration avec l’université de Colombia.

Des révélations devant lesquelles le NGA a décidé de ne pas fermer les yeux. Initialement prévue pour le 13 mai et courant septembre, les expositions des deux artistes ont été reportées par la direction du musée.

Une polémique actuelle

Chacune des expositions devait présenter une douzaine de travaux, s’ajoutant à la collection permanente dont l’oeuvre “Fanny/Fingerpainting” de Chuck Close fait déjà partie. La directrice des communications, Anabeth Guthrie, a confié au Washington Post que la décision avait fait l’objet de discussion:

Etant donné la récente attention portée à leurs vies personnelles, nous avons discuté du report des installations avec chaque artiste. […] Toutes les parties impliquées ont reconnues que le moment n’était pas opportun pour présenter ces installations.

Cette décision importante intervient dans un climat particulièrement intense dans les polémiques de harcèlements sexuels. Sheena Wagstaff, présidente du MET pour l’art contemporain et moderne, s’interroge sur cette mesure:

En prenant des mesures pour annuler une exposition ou retirer de l’art, un musée ne fait que comprendre le travail d’un artiste à travers le prisme d’un comportement répréhensible.

Le problème serait alors celui de la valeur d’une oeuvre d’art, mais soulèverait d’autres questionnements. Qu’en est-il alors des expositions des oeuvres de Pablo Picasso, reconnu comme harceleur sexuel et dénué de toute bonne conduite envers ses femmes?

Pour le moment, le musée n’a pas communiqué d’autres dates d’expositions pour ces installations, mais confie qu’il ne souhaite pas retirer Chuck Close de ses expositions permanentes. Une affaire à suivre.

Publié le jeudi 1 février 2018 à 21:04, modifications jeudi 1 février 2018 à 21:46

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