Culture

Le célèbre couturier Azzedine Alaïa est décédé

Figure atypique de la mode, Azzedine Alaïa s’était notamment fait connaître pour ses robes « seconde peau ».

Le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa est décédé à l’âge de 77 ans ce samedi 18 novembre. C’est la Fédération de la haute couture et de la Mode qui a fait cette annonce, venant confirmer une information de l’hebdomadaire Le Point.

Connu pour ses robes intemporelles sublimant le corps féminin, Azzedine Alaïa avait percé dans les années 1980. Il faisait figure de couturier atypique à Paris.

En effet, Azzedine Alaïa avait fait le choix de présenter ses défilés au gré de ses envies, sans mise en scène spectaculaire, et ne tenant pas compte des dates imposées par la Fashion Week.

Ainsi, le couturier qui se voulait discret, invariablement vêtu d’un costume chinois passe-partout, avait le luxe de se passer de publicité. En effet, ses rares défilés se déroulaient en petit comité dans son atelier-boutique du Marais. Azzedine Alaïa concevait ses vêtements en trois dimensions, se servant peu du dessin. Il faisait beaucoup de sur-mesure, en haute couture, mais aussi du prêt-à-porter.

Un couturier discret

En outre, il entendait se détacher du diktat du renouvellement systématique à chaque saison. Ainsi, il lui arrivait donc de proposer la même robe « indémodable » deux années de suite.

Étudiant en sculpture aux Beaux-Arts de Tunis et fils d’agriculteurs, Azzedine Alaïa a commencé à travailler pour une couturière de quartier. Il est arrivé à Paris à la fin des années 1950, où il a brièvement travaillé pour les maisons Dior et Guy Laroche. Jeune homme au pair, le couturier a commencé à habiller des femmes du monde dont il est souvent devenu le confident. Celles-ci lui ont présenté Arletty, qui deviendra l’une de ses muses, et même « la Garbo ».

Dès lors, le couturier a largement œuvré pour définir la silhouette féminine des années 1980. Ainsi, il a inventé le body, le caleçon noir moulant, la jupe zippée dans le dos, des modèles copiés à l’infini.

Pendant toute sa carrière il a proposé des robes seconde peau, à la fois provocantes et distinguées.

Très vite, les célébrités se sont arrachées ses vêtements. Parmi elles, la sculpturale Grace Jones. On retient des images d’elle sous l’objectif de Jean-Paul Goude.

En 1989, ce dernier commande à Azzedine Alaïa la toge-drapeau portée par la cantatrice Jessye Norman pour le défilé du Bicentenaire de la Révolution française.

En 2000, il signe un accord avec Prada, qui lui permet de se développer. Toutefois, il s’en détachera sept ans plus tard, au profit d’un adossement au géant suisse du luxe Richemont. Pourtant, malgré ce changement d’affiliation, Azzedine Alaïa n’avait rien modifié à son fonctionnement. Jusqu’à la fin, il a travaillé de nuit, au son de vieux films.

De nombreux hommages

C’est un couturier de grand talent qui s’en va. Je le connaissais pour son travail. C’est une très triste nouvelle.

A déclaré le couturier Pierre Cardin.

Pour l’ancien ministre de la Culture et président de l’Institut du Monde Arabe (IMA) Jack Lang :

Azzedine savait mieux que quiconque sublimer les femmes. Il les aimait et elles, en retour, lui vouaient une vénération infinie.

A-t-il déclaré sur son compte Facebook, en ajoutant :

Il était un magicien des ciseaux et de la couture.

La galeriste italienne Carla Sozzani, amie très proche du grand couturier, a également confirmé sa disparition au magazine Women’s wear daily, la bible des professionnels de la mode.

Publié le samedi 18 novembre 2017 à 17:51, modifications samedi 18 novembre 2017 à 17:21

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