Culture

Une sur Cantat : Les Inrocks s’expriment et s’excusent

Le 11 octobre dernier, le magazine Les Inrocks consacrait sa couverture à Bertrand Cantat. Un choix qui a suscité la colère de beaucoup. Ce mardi 17 octobre, le magazine a tenu à répondre à la polémique.

Il y a une semaine, le magazine des Inrockuptibles publiait un numéro avec en Une le membre du groupe Noir Désir Bertrand Cantat. Un choix qui a déclenché de vives discussions et même la colère de beaucoup.

Une polémique sans précédent

En effet, le musicien a été condamné à huit ans de prison en 2004 pour le meurtre de Marie Trintignant avec qui il a une liaison à l’époque. Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, avait même exprimé son mécontentement sur Twitter. “Et au nom de quoi devons-nous supporter la promo de celui qui a assassiné Marie Trintignant à coups de poings ?” Écrivait-elle. Personnalités, lecteurs et internautes avaient aussi largement réagi. Le magazine Elle, pour dénoncer le harcèlement sexuel et en réponse à la Une des Inrocks, avait dédié son édito à Marie Trintignant.

Le journal regrette d’avoir “ravivé une souffrance”

Au cœur des critiques, les Inrockuptibles ont mis une semaine à s’exprimer concernant l’affaire. Dans un article intitulé “À nos lecteurs”, le magazine justifie premièrement ce long silence.

Face à certaines réactions, qui allaient du désarroi à la haine, nous avons éprouvé aux Inrockuptibles le besoin de nous rassembler, de parler, de débattre. Ensemble, en réunion générale et en plus petits comités, nous avons questionné cette couverture tout au long des jours qui se sont écoulés

Le journal donne ensuite les raisons qui l’ont poussé à réaliser l’interview de Bertrand Cantat :

Aux Inrockuptibles, nous faisons du journalisme. C’est notre métier, notre passion. Et le journalisme exige, parfois, d’aller questionner les zones d’ombre, d’aller au-delà des frontières et des évidences, quelles qu’elles soient. Le journalisme, ce n’est pas simplement une posture morale qui consiste à lever ou à baisser le pouce. L’histoire de Bertrand Cantat fait partie de celle des Inrockuptibles, depuis les années 1980. Noir Désir a été l’un des groupes qui ont construit l’identité de ce journal, à tel point que nous lui avions confié, en 1997, les rênes d’un numéro dont il était rédacteur en chef invité. Et c’est pour cela que nous nous sommes sentis légitimes, en 2013 déjà, à redonner la parole à Bertrand Cantat pour la toute première fois

Un choix “contestable”

Enfin, les Inrocks qui seront dorénavant plus vigilants, expriment leurs sincères regrets :

Les réactions qui ont suivi, celles de lecteurs fidèles comme occasionnels, d’artistes dont nous avons toujours suivi le travail, nous ont bouleversés. Il était impossible de ne pas en tenir compte. Tout cela nous engage et nous engagera à faire toujours preuve de vigilance dans notre façon de traiter et de mettre en scène les sujets que nous estimons importants. Pour un magazine comme Les Inrockuptibles, le retour de Bertrand Cantat à la musique en fut un. Le mettre en couverture était contestable. A ceux qui se sont sentis blessés, nous exprimons nos sincères regrets

Comme le dit si bien le magazine, l’affaire Harvey Weinstein, rappelle “à quel point il existait, plus que jamais, un système d’oppression masculine dont la société ne veut plus.”

Publié le mercredi 18 octobre 2017 à 13:19, modifications mercredi 18 octobre 2017 à 12:07

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