Culture

Le Boléro de Ravel s’offre au monde entier

Le légendaire Boléro de Ravel tombe ce dimanche 1er mai dans le domaine public. Si sa notoriété est mondiale, ses batailles juridiques entourant ses droits d’auteur le sont tout autant.

En ce dimanche 1er mai 2016, le Boléro de Maurice Ravel est considéré comme une œuvre du domaine public, c’est-à-dire qu’il n’est plus nécessaire de payer des droits d’auteur pour pouvoir l’utiliser, mais surtout cette date marque l’épilogue d’une rocambolesque histoire d’héritage.

Tout commence en 1927 lorsque la danseuse russe et icône de la Belle Epoque, Ida Rubinstein, demande à Maurice Ravel de lui composer un ballet. Le musicien imagine alors un air mécanique et répétitif qui imiterait le mouvement d’une machine. Sur le même thème joué 18 fois en 17 minutes, les instruments apparaissent un à un et progressivement.

Le résultat est révolutionnaire pour l’époque et le Boléro connaît un succès immédiat.

Cette œuvre si particulière, considérée par Ravel comme une simple étude d’orchestration, fait l’objet, dès sa création, d’une très large diffusion mondiale et restera sa composition la plus célèbre qui sera l’une des plus jouée à travers le monde.

En 1937, lorsque décède le compositeur, son frère Edouard devient son unique héritier. Ce dernier, diminué par un accident, recrute le couple Taverne, Jeanne masseuse et Alexandre homme à tout faire. Ils gagneront sa confiance et Edouard Ravel en fera ses héritiers.

Dans le même temps, l’éditeur des partitions de Maurice Ravel a lui aussi des vues sur la colossale fortune et contrat à l’appui, il revendique sa part des bénéfices.

Le compositeur n’ayant pas fait de testament, un cousin éloigné vient lui aussi réclamer son dû et s’ajouter à l’héritage.

Après 10 ans de procédures, les ayants droit et l’éditeur trouvent un accord pour partager les bénéfices (qui sont généreux puisque depuis 1960, les œuvres de Maurice Ravel ont rapporté entre 400 et 500 millions d’euros) : cela se fait à travers des sociétés installées dans des paradis fiscaux.

Ces droits, pourtant, cesseront d’être versés à partir de dimanche, lorsque le Boléro appartiendra à tous.

Le Boléro de Ravel est, dit-on, le morceau qui a en permanence une diffusion ou une exécution à travers le monde.

Pour en savoir plus, France 5 consacrera un documentaire à l’œuvre dimanche 1er mai à 9h25 et France Musique lui consacrera une journée spéciale mardi 3 mai.

Publié le dimanche 1 mai 2016 à 10:50, modifications dimanche 1 mai 2016 à 10:50

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