Ciné

César : les cinq temps forts de la soirée

Festival de vannes

Après Jérôme Commandeur, ce fut au tour de Manu Payet d’animer la cérémonie qui a duré trois bonnes heures. Une prestation entamée façon comédie musicale, avec des César dansant sur scène.

L’acteur a multiplié les « vannes » ciblant des invités: « Jean-Pierre Bacri en organisateur de fête il fallait y penser » en référence à son rôle dans Le sens de la fête; « Personne n’a mieux joué Guillaume Canet que Guillaume Canet » à propos de son film Rock’n’Roll; « Pas impossible que le César aille ce soir du côté de chez Swann » (et il avait raison puisque que Swann Arlaud a été désigné meilleur acteur).

Silence = mort

Grand gagnant avec six statuettes, le réalisateur Robin Campillo a remis au goût du jour le slogan historique d’Act Up.

« Tous les thèmes dont on parlait à l’époque – les toxicos, les travailleurs du sexe et les étrangers qu’on appelle désormais les migrants – sont toujours d’actualité 25 ans après. » « On est toujours dans le tout répressif et les lois votées depuis mettent ces gens-là dans une situation de grande précarité. Il est temps de les entendre, car comme il y a 25 ans, silence = mort », a-t-il déclaré sur scène.

Tout aussi engagé fut l’écrivain Pierre Lemaitre, prix Goncourt 2013 pour Au revoir là-haut, « l’histoire de deux hommes qui ne retrouvent pas de place dans la société (…) alors qu’ils n’ont pas démérité ». « Nous les appelons aujourd’hui les pauvres, les mal logés, les précaires, nous les appelons aussi les réfugiés », a-t-il dit, en recevant le César de la meilleure adaptation pour le film de Dupontel.

Poil à gratter

Dans un sketch à l’humour très noir sur les conséquences du mouvement #MeToo au cinéma, l’humoriste Blanche Gardin a frappé fort: « Dorénavant, les producteurs n’ont plus le droit de violer les actrices (mais) est-ce qu’on a encore le droit de coucher pour des rôles ? »

« Parce que si on n’a plus le droit, il faudra apprendre des textes, passer des castings et on n’a pas le temps », a-t-elle ajouté, provoquant des rires.

L’humoriste portait, en plus de son ruban blanc en soutien aux femmes, un badge en l’honneur de Louis CK, le comédien de stand up américain qui a reconnu avoir eu des comportements sexuels répréhensibles, dans la foulée de l’affaire Weinstein.

Tous debout

Moment sérieux de la soirée : Manu Payet a invité le cinéma français à marquer son soutien aux femmes victimes de violences sexistes et sexuelles.

« C’est formidable qu’on comprenne qu’il n’y a jamais des non qui veulent dire oui. Récemment est apparu le hashtag #MaintenantOnAgit: je vous propose de vous lever et de montrer vos rubans blancs. » Et la salle s’est exécutée.

Plus tard, sur le ton de l’humour, il a évoqué les discriminations dont souffrent les femmes dans le 7e art en donnant une définition du meilleur espoir féminin. « C’est la même chose que meilleur espoir masculin, mais avec 30% de salaire en moins… »

Langue vivante: espagnol

L’argument parfait pour convaincre de choisir l’espagnol comme deuxième langue vivante: « Penelope, mi casa es tu casa », a lancé Manu Payet à Penelope Cruz, récompensée d’un César d’honneur.

C’est encore dans la langue de Cervantes qu’il a proposé à l’actrice espagnole son aide « pour quoi que ce soit », avant de s’interrompre en voyant assis à côté d’elle l’acteur Javier Bardem, venu soutenir son épouse.

Cet article a été vu pour la premiere fois sur Cineserie.com

Publié le samedi 3 mars 2018 à 21:52, modifications samedi 3 mars 2018 à 22:51

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