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Bleach : énième exemple d’une mauvaise adaptation ?

Le trailer du live-action de Bleach vient d’être dévoilé. Et cela n’augure rien de bon. Quand adaptation rime avec désillusion.

On ne compte plus les adaptations au cinéma d’oeuvres issues d’un autre médium. Que ce soient des adaptations littéraires, vidéoludiques, picturales… On en passe et des meilleurs ! Et force est de constater que bien (trop) souvent, ces adaptations sont très loin de répondre à nos attentes. Bien au contraire. On remarque par ailleurs qu’elles ne cessent de s’attirer les foudres des fans de l’oeuvre originelle. Devenant véritablement objet de lynchage total. Et il apparait que ce n’est que justice. Évidemment, les adaptations cinématographiques de mangas n’échappent pas à la règle. En fait, celles-ci catalysent en elles tout ce qu’il y a de plus mauvais dans une transposition destinée aux salles obscures. En soit, c’est l’exemple typique de la fausse bonne idée. Au grand dam des aficionados. Et ce live-action de la franchise à succès Bleach semble en être la parfaite illustration.

Live action…

Et cela vient à nous rappeler que ce genre de pari, bien qu’audacieux, reste toujours un exercice extrêmement périlleux. Amorcés déjà depuis quelques années, les live-action (entendez là « les prises de vues réelles ») de mangas ne cessent de pulluler sur nos écrans. Un genre qui semble avoir le vent en poupe donc. Pourtant, les derniers exemples en date, Death Note et Fullmetal Alchimist, sonnaient déjà comme de véritables cris d’alertes. Deux exemples de films ratés, détériorant au passage l’image sainte et sacrée de l’oeuvre originale. Le premier cité, transposition des mangas éponymes composés par Tsugumi Ôba et dessinés par Takeshi Obata, possède pourtant un potentiel cinématographique inestimable.

L’histoire du manga se centre sur le personnage de Light Yagami. Lycéen surdoué, sa vie va basculer le jour où il va ramasser un mystérieux cahier appelé  » Death Note « . Rapidement, Light va prendre conscience de la particularité de ce livre, le crédo inscrit dessus étant sans équivoque. « La personne dont le nom est écrit dans ce cahier meurt ». Puis, le jeune étudiant va faire la connaissance du propriétaire du cahier. Un certain Ryûk. Celui-ci est un Dieu de la Mort (Shinigami en VO) qui, pour se divertir, a volontairement laissé tomber cet objet mortel. Commencent alors de multiples péripéties pour Light, accompagné de son compagnon pour le moins atypique.

C’est une véritable quête de pouvoir, Light s’efforçant de s’élever au rang de Dieu. Choisissant ses victimes de manière très réfléchie, et avec précaution, tel un modus operandi impitoyable. Mais c’est aussi un véritable jeu d’échecs qui va se jouer avec un dénommé « L », jeune homme singulier mais dont l’intelligence équivaut  (si ce n’est surpasse) celle de Light.

Death Note(s)

Un jeu de dupes comme on en a rarement eu l’occasion d’en voir. La franchise eut un succès retentissant, bien au-delà des frontières nipponnes. En 2008, on estimait à plus de 26,5 millions d’exemplaires vendus dans le monde. C’est d’ailleurs cette même année que l’édition française reçue le prix Bob-Morane dans la catégorie « Bande dessinée traduite ». Le septième art a très rapidement fait de l’oeil à la série. Trois films en découlèrent, aux qualités variables. Tous produits au Japon. Mais le pays du soleil levant ne fut pas le seul territoire où le phénomène se répandit.

Les américains lorgnèrent longtemps dessus et s’en emparèrent pour un projet de live-action. Initialement amorcé par la Warner, le projet fut longtemps ballotté, plusieurs noms circulèrent à son propos (notamment celui de Gus Van Sant). Finalement, en avril 2016, la Warner annonce l’abandon du projet, immédiatement récupéré par Netflix. La réalisation fut alors confiée à Adam Wingard (V/H/S, Blair Witch) et on retrouvait notamment au casting le grand Willem Dafoe. Sortie directement sur Netflix le 27 août 2017, cette adaptation très américanisée ne fut pas au gout de tout le monde. Pire, critiques et public s’accordèrent à qualifier ce film d’adaptation ratée ! Le film reçut des (death) notes désastreuses sur les sites spécialisés. Cela n’empêche pourtant pas Netflix d’envisager une suite…

Une Mauvaise alchimie… ?

D’ailleurs, le mastodonte américain se pencha sur une autre adaptation d’un manga à succès : Fullmetal Alchimiste d’Hiromu Arakawa. L’histoire est centrée sur le destin de deux frères, Alphonse et Edward, au début du XXè siècle. L’alchimie est alors une discipline extrêmement respectée. On lui confère une dimension divine et mystique. Les deux frères tentent alors une transmutation humaine. Cependant, l’expérience tourne mal et Alphonse perd son corps tout entier tandis qu’Edward perd sa jambe gauche. Ce dernier sacrifie alors son bras droit pour sauver l’âme de son frère en l’attachant à une armure de métal. Il reçoit ensuite des prothèses mécaniques appelées « automail » en remplacement de ses membres manquants. On suit alors les deux frangins dans leur quête de la fameuse Pierre Philosophale.

Le film, réalisé par Fuhimiko Sori, qui avait opéré sur Titanic au niveau des animations numériques des personnages, eut droit à une exploitation en salles au Japon. Sorti en le 1er décembre 2017, il fut, dès sa première semaine, en tête du box-office nippon. Il apparut sur la plateforme française de Netflix le 19 février dernier. Là encore, les critiques furent impitoyables, le film recevant par exemple la notation de 20% sur le site Rotten Tomatoes.

Bleach : jamais 2 sans 3 ?

Alors quand on eut vent du projet de portage de la saga Bleach sur grand écran, on eut tout de suite quelques réticences. Et ce nouveau trailer ne nous rassure pas vraiment. Dans le manga de Tite Kubo, nous assistons au destin hors normes d’Ichigo Kurosaki. Le jeune adolescent de 15 ans a la particularité de voir et d’interagir avec les âmes des morts. Sa vie bascule le jour où il rencontre Rukia, une shinigami venue sur Terre pour combattre un Hollow, une entité démoniaque. Celle-ci tente de s’accaparer des âmes des membres de la famille d’Ichigo. Ce dernier, pour les sauver, accepte de devenir un shinigami et terrasse le démon. Il va alors se retrouver au coeur d’un grand conflit dans la Soul Society, société où les shinigamis règnent. Une sorte de parabole du paradis.

La franchise, à l’instar de celle de Naruto ou de One Piece, obtint un succès mondial considérable, s’imposant rapidement comme un des (nombreux) mangas cultes de ces dernières années. Ce projet de live-action n’est donc pas une grande surprise. Toutefois, on peut craindre le pire. Comme pour Death Note et Fullmetal, certains éléments du manga sont difficilement adaptables en prises de vues réelles. Et quand ils y parviennent, cela rend bien souvent un résultat très cheap.

Et les fans la première heure commencent à trouver ça risible, cette manie de vouloir absolument transposer au cinéma ce genre de saga. Non seulement parce que les bandes dessinées et les animes se suffisent à eux-même. Mais qui plus est, il y a une certaine tendance à l’américanisation de l’oeuvre, détériorant indubitablement le folklore originel. Un polissage occidental vivement critiqué. D’ailleurs, ce live-action est là encore produit par la Warner (qui n’a décidément pas froid aux yeux). À croire que vraiment seul l’aspect financier motive les sociétés de production à engager ce genre d’expérience, en dépit du reste (surtout de la qualité). L’un des plus gros ratages du cinéma, Dragonball Evolution n’aura donc pas servi de leçon.

La sortie du film Bleach est prévue pour le 20 juillet prochain au Japon.

Cet article a été vu pour la premiere fois sur Cineserie.com

Publié le dimanche 4 mars 2018 à 22:48, modifications dimanche 4 mars 2018 à 22:12

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