Découverte

Une chercheuse découvre des inscriptions bibliques derrière un Coran du 8ème siècle

Cette découverte d’importance capitale nous permet d’en savoir plus sur l’origine des premiers textes coraniques.

Eléonore Cellard, une chercheuse du prestigieux Collège de France, a fait une découverte impressionnante en étudiant plusieurs fragments de parchemins contenant des versions très anciennes du Coran.

Un extrait de la bible derrière le Coran

C’est en étudiant un autre manuscrit vendu aux enchères par Christie’s il y a 10 ans que celle-ci a appris la vente de 9 autres fragments ce 26 avril. En les regarder de plus près, elle a pu constater que certains d’entre eux étaient constitués d’un papier qui avait autrefois été utilisé pour contenir le récit de la bible. En effet, l’arrière d’une page, Eléonore Cellard a découvert des lettres de l’alphabet sahidique, une langue parlée par les chrétiens d’Egypte, les Coptes.

La chercheuse a alors sollicité Christie’s afin d’obtenir des versions en haute définition de ces documents précieux. Grâce à ces fichiers, elle a pu établir avec certitude que ces manuscrits inestimables avait servi de recueil pour la bible, en traduisant les mots inscrits en sahidique. Le document qui a permis de faire cette découverte avait été vendu par Christies pour 678 504 euros (soit 596 750 livres sterling), dépassant ainsi de près de 6 fois la valeur estimée par la maison d’enchère.

 

Une découverte importante pour comprendre l’origine des premiers textes coraniques

D’après le spécialiste de Christie’s Romain Pingannaud, interrogé à ce sujet dans les colonnes de The Guardian, cette découverte nous permet d’en savoir plus sur les interactions culturelles au Proche-Orient au moment de la naissance de l’Islam. Ainsi, les chercheurs ont pu déduire que ces manuscrits étaient originaires d’Egypte.

Cette découverte est cruciale car elle permet d’éclairer l’origine des premiers manuscrit coranique dans les premiers siècles après la naissance de l’Islam. En effet, la plupart des textes du 8ème siècle ne font pas mention de leur lieu et informations de rédaction. Et pour cause, ces derniers sont d’une extrême rareté. Mais le manuscrit en question est également le premier de la sorte à comporter des inscriptions liées à un autre livre saint.

Cela pose donc de nombreuses questions sur les raisons qui ont poussé les copistes à effacer le texte originel. Cela a-t-il été fait par pression, sous la menace d’une conversion forcée ? Les réponses seront peut-être apportées grâce à une étude plus poussée de ces documents exceptionnels.

 

Publié le samedi 5 mai 2018 à 15:33, modifications samedi 5 mai 2018 à 10:40

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !