Découverte

Le génome du blé a finalement été séquencé

Cette découverte permettra bientôt de sélectionner des variétés particulièrement robustes pour nourrir la planète.

Cette découverte importante ouvre une nouvelle voie dans la recherche agricole pour intensifier la production de nourriture à travers le monde. Il s’agit en effet d’un enjeu majeur, puisque la population mondiale va continuer d’augmenter considérablement dans les prochaines années.

Vers des variétés plus productives

D’après le scientifique Kotsya Kanyuka, chercheur en biologie pour le laboratoire Rothamsted Research, le séquençage du génome du blé tendre permettra bientôt d’identifier les gènes les plus importants pour l’agriculture, et de lutter contre les maladies fongiques qui entravent grandement le rendement des récoltes. Ce constat optimiste a été partagé à travers un communiqué de presse officiel ce jeudi 16 août.

Cette découverte est particulièrement significative car le blé constitue la source de nourriture la plus universelle pour les hommes. En effet, près d’un tiers de la population mondiale en dépend directement pour s’alimenter, et 1/5 des calories consommées chaque jour en est directement issu. Toutefois, le blé est plus difficile à cultiver dans des endroits chauds et secs comme l’Afrique, qui en aura pourtant le plus besoin dans les prochaines années étant donné son expansion démographique.

Nous aurons donc clairement besoin de nouvelles variétés plus robustes et résistantes aux maladies et à la rigueur du climat dans un contexte de réchauffement globalisé. Pour Kotsya Kanyuka, le séquençage du génome permettra très rapidement d’aider les producteurs de blé à travers le monde, y compris dans les pays les plus pauvres, en leur fournissant des graines particulièrement performantes.

Une découverte collective

Il aura fallu près de 13 ans pou parvenir à séquence la totalité du génome du blé tendre. Cette difficulté s’explique par le fait que celui-ci comporte près de 5 fois plus gènes que les humains, soit près de 110 000 contre seulement 20 000 pour notre espèce.

Pour y parvenir, près de 200 scientifiques issus de 20 pays différents ont uni leurs forces. Ils se sont penchés sur la variété Triticum aestivum, la plus cultivée dans le monde d’après un rapport passionnant du Consortium international de séquençage du génome du blé (IWGSC). En outre, selon cette étude, il faudra que la production de blé augmente d’1,6% par an pour nourrir les 9,6 milliards d’habitants de la planète en 2050. Un immense défi que cette découverte permettra peut-être de relever.

Publié le mercredi 22 août 2018 à 10:03, modifications mardi 21 août 2018 à 15:20

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