Découverte

Egypte : Le sarcophage noir retrouvé à Alexandrie n’est pas celui d’Alexandre le Grand

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L’ouverture du sarcophage “noir” retrouvé au début du mois de juillet à Alexandrie a permis de conclure qu’il ne s’agit pas de la tombe d’Alexandre le Grand. En revanche, les experts ont fait part de premières observations et les curieux se passionnent pour cette nouvelle découverte égyptienne.

Ce jeudi 19 juillet, des archéologues ont ouvert un sarcophage de plus de trente tonnes découvert à Alexandrie, en Égypte. La sépulture contient les restes de trois corps, elle a été mise au jour au début du mois lors de la construction d’un immeuble résidentiel. Et celle-ci revêt un aspect singulier : Sa surface est composée de granit, lui donnant une couleur noire. Sa datation estimée à 2000 ans laissait espérer aux médias locaux et internationaux qu’elle puisse contenir le corps d’Alexandre le Grand, mais il s’avère qu’aucune momie de renom ne s’y trouve.

Outre sa composition, ce qui rend ce sarcophage unique aux yeux des archéologues, c’est avant-tout son état de conservation : Car souvent pillés, il est rare d’en trouver qui soient encore scellés. Mais c’est également pour son contenu que l’imposante tombe de granit fait parler d’elle. Car les ossements ont été inhumés baignant dans un liquide de couleur ocre, dû à une infiltration dans le cercueil.

Malédiction apocalyptique et “jus de momie” magique

D’après le récit du journal égyptien El-Watan, l’équipe chargée des fouilles a d’abord entrouvert le couvercle de pierre avant de s’en éloigner pour laisser s’estomper l’odeur qui s’en échappait. Depuis plusieurs semaines, de folles rumeurs sur les dépouilles qu’elle renfermait s’était répandues, au point que certains craignaient que son ouverture ne jette une malédiction sur le monde. Le ministre égyptien des antiquités Khaled el-Anani, présent ce jour-là au côté des chercheurs, a tenu à rassurer les inquiets, déclarant :

Nous l’avons ouvert, Dieu merci, le monde n’est pas tombé dans l’obscurité. J’ai été le premier à mettre ma tête dans le sarcophage … et ici, je me tiens devant vous… Je vais bien.

Cependant, d’autres réactions, moins sérieuses, ont accompagné l’événement. Une pétition pour consommer le « jus des momies » a été lancée sur Change.org par un certain « Innes Mck », suscitant l’intérêt des internautes.

Nous devons boire le liquide rouge du sarcophage sombre maudit sous la forme d’une sorte de boisson énergétique carbonatée afin que nous puissions assumer ses pouvoirs et enfin mourir.

Pouvait-on lire en description de la pétition qui a collecté plus 15 000 signatures en trois jours, récoltant les commentaires les plus fous. Comme celui d’un signataire revendiquant son droit à « goûter au pouvoir de l’élite égyptienne », tandis qu’un autre évoquait des « pouvoirs illimités » que conférerait les eaux usées. Le créateur de cette insolite requête a « promis » à tous ses soutiens de continuer à « se battre » pour leur permettre de goûter au liquide.

Un sarcophage non-royal, et un potentiel “soldat” blessé

Cette mobilisation autour de la découverte témoigne des attentes qu’elles suscite, bien que d’après le secrétaire général du conseil supérieur des antiquités égyptiennes Mostafa Waziri, il peu probable qu’il s’agisse de personnages importants. Car si l’identité des squelettes retrouvés est encore inconnue, aucun bijoux ou amulettes ne se trouvaient à l’intérieur et aucune inscription indiquant un statut social élevé n’a été décelée.

En revanche, Waziri a fait part de plusieurs observations, notamment au sujet de la détérioration des momies causée par une ouverture retrouvée à l’intérieur du tombeau, ayant potentiellement permis à l’eau de s’infiltrer. D’après les premiers constats, l’un des trois corps porterait des traces de blessures, ce qui laisse supposer qu’il s’agit d’un soldat, « Il y a des chances pour qu’il s’agisse d’un tombeau familial » a ajouté Mostafa Waziri.

Les experts chargés d’analyser le sarcophage de 265 cm de long pour 185 cm de haut ont conclut qu’il daterait de la période ptolémaïque (de 330 av.J-C. À 30 av. J.C.), soit de l’Égypte hellénistique. Les défunts seront confiés au Muséum national d’Alexandrie et le sarcophage au musée militaire.

Publié le lundi 23 juillet 2018 à 12:41, modifications lundi 23 juillet 2018 à 12:16

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