Découverte

Codex Grolier : le manuscrit maya enfin reconnu !

Difficile à authentifier et victime des préjugés des chercheurs, ce texte maya vient d’être réhabilité de sa qualité de plus ancien document manuscrit de l’ancienne civilisation mexicaine.

Enfin, le codex Grolier prend toute sa place dans l’histoire pré-hispanique. 54 ans après sa remise en vente par des pilleurs, des chercheurs ont jugé cet assemblage de feuilles cousues authentique. De fait, le 31 août, l’Institut national d’histoire et d’anthropologie (Inah) de Mexico a annoncé sa conclusion définitive.

Le texte de calendrier, dont on date la fabrication entre 1021 et 1145 après Jésus-Christ, devient ainsi officiellement le plus ancien document de l’ère précédant la conquête de l’Empire aztèque et la colonisation espagnole des Amériques. Cependant, l’objet découvert dans le sud du Chiapas (État à la frontière du Guatemala) perd son nom populaire.

Chercheur examinant le codex Grolier ou codex maya du Mexique

Chercheur examinant le codex Grolier ou codex maya du Mexique / Crédits © CBC

Ainsi, ce qui fut le codex Grolier a désormais l’appellation codex maya du Mexique. Le livre ancien, qui peut se plier malgré sa matière (de l’écorce) représente une analyse de la voie lactée. Les scientifiques ont pu y lire des annotations astronomiques, notamment des prédictions, comme les mouvements de Venus par exemple.

Le codex Grolier à l’épreuve des préjugés de la discipline

Mais pourquoi les chercheurs ont-ils mis autant de temps à s’apercevoir de la nature réelle de ce document ? D’abord, “son style diffère de celui des codex mayas connus et dont on a prouvé l’authenticité“, se défend l’Inah dans un communiqué. Ceci est une référence à trois autres anciens livres de cette civilisation. Œuvres que l’on a conservées malgré la tentative des colons espagnols de détruire tous les objets culturels du peuple conquis au XVIe siècle.

Pendant longtemps, les critiques de ce codex disaient que son style n’était pas maya. Qu’il était le plus laid d’entre eux en matière de figures et de dessins. Mais son caractère austère s’explique par son époque. Quand les temps sont durs, les gens utilisent ce qu’ils ont à portée de main.

Détaillait ainsi Sofia Martinez del Campo, chercheuse à l’Inah.

Auparavant, des études avaient déjà avancé cette possibilité, sans pourtant fédérer les spécialistes. Aujourd’hui, grâce à l’utilisation de tests chimiques, c’est chose faite. Censé avoir à l’origine une vingtaine de feuillets, le codex maya du Mexique n’en compte plus qu’une dizaine actuellement, toutes portant des glyphes. Il s’agit d’une écriture syllabique, où chacune des formes dessinées renvoie à une syllabe.

Publié le samedi 8 septembre 2018 à 11:12, modifications samedi 8 septembre 2018 à 11:18

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