Découverte

Antarctique : 91 volcans endormis découverts sous 2.000 mètres de glace

Si ces volcans découverts dans l’Antarctique entraient en éruption cela pourrait provoquer une importante fonte des glaces dans cette région déjà fortement touchée par le réchauffement climatique.

L’Antarctique fascine de nombreux chercheurs et géologues. En effet, ce n’est pas un continent tout à fait comme les autres. Immense, il s’étire sur un peu plus de quatorze millions de kilomètres carrés et sa surface est recouverte d’une épaisse couche de glace dont l’épaisseur moyenne oscille autour de 1,6 kilomètre.

En raison de l’épaisseur de sa couche de glace, la morphologie du sous-sol de l’Antarctique reste peu connue. Et c’est précisément pour cette raison que ce continent occupe une place de choix dans le cœur des géologues.

Or, certains d’entre eux ont mené une étude poussée portant sur l’activité volcanique de la région. Ils ont découvert la présence de 91 volcans supplémentaires sous l’épaisse couche de glace du continent blanc. Ce qui monte le nombre total de volcans à 138.

Des volcans à surveiller de près

Ainsi, les travaux des géologues de l’université d’Edimbourg (en Ecosse) ont permis d’identifier au total 91 nouveaux volcans, d’une altitude de 100 à 3.850 m et tous recouverts de glaciers (constitués d’eau douce gelée).

Beaucoup d’entre eux sont situés près des côtes.

Nous avons presque triplé le nombre de volcans dans l’Antarctique de l’ouest.

S’est enthousiasmé Robert Bingham l’un des auteurs de l’étude parue dans un bulletin de la Geological Society et relayée dans The Guardian samedi 12 août.

Pour parvenir à cette découverte, les chercheurs ont cherché à repérer les pics de basalte, similaires à ceux produits dans d’autres régions volcaniques. Ils ont utilisé des données issues d’études précédentes, obtenues à l’aide de radars.

Les géologues ont ensuite comparé ces mesures aux données satellite et à d’autres relevés aériens, à la recherche « d’indices sur la présence de cônes volcaniques ».

Convaincu que de nouveaux volcans restent encore à découvrir sous la barrière de Ross, Robert Bingham a affirmé

Il est très probable que cette région soit la plus grande région volcanique du monde. Plus grande encore que celle d’Afrique de l’Est où les monts Nyiragongo, Kilimandjaro et Longonot.

Toutefois, cette découverte donne toutefois des sueurs froides aux chercheurs.

Si l’un de ces volcans entre en éruption, cela pourrait déstabiliser la couche de glace dans l’ouest de l’Antarctique.

A redouté Robert Bingham.

Tout ce qui peut causer la fonte des glaces – et donc une éruption – pourrait accélérer le flux des glaces vers la mer.

Les géologues ne savent pas encore si ces volcans ont été très actifs par le passé. Or, Robert Bingham a développé une hypothèse inquiétante, après avoir constaté que les volcans étaient particulièrement actifs dans les régions qui perdent leur couverture glaciaire, comme l’Islande et l’Alaska.

Ainsi, sans le poids des glaciers, la pression pourrait diminuer au-dessus des volcans et faciliter les éruptions. Aggravant encore davantage le réchauffement climatique.

C’est un élément qu’il faut surveiller de près.

Publié le mardi 15 août 2017 à 13:09, modifications mardi 15 août 2017 à 12:05

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