Chroniques

Nos dirigeants politiques sont-ils « tous pourris » ?

Nos élus ont-ils trop de privilèges et de passe-droits ? Sont-ils dans leur grande majorité corrompus et malhonnêtes ? Finalement, petit à petit, l’idée s’installe que, d’une façon ou d’une autre, l’objectif de nos gouvernants est d’abord de se servir avant de servir le bien commun.

Les révélations des affaires Fillon ont soulevé, au-delà de l’indignation ou de la colère qu’elle peut légitimement susciter, une question de fond sur la confiance que les Français entretiennent avec leur dirigeant politique.

En effet, cette période campagne électorale est propice à la divulgation du PenelopeGate ou encore des déboires de Marine Le Pen avec le Parlement européen.

Les Français ont pu suivre chaque jour les rebondissements de nouvelles affaires, réelles ou supposées. Et cela ne cessent d’alimenter le doute sur la moralité de dirigeants politiques.

Mais les scandales en politiques ne sont pas nouveaux.

Ainsi, l’Histoire a retenu les « diamants » de Valéry Giscard-d’Estaing, les errements financiers et sportifs de Bernard Tapie. Mais également, les emplois fictifs de Jacques Chirac, les dissimulations des époux Balkany, le marché aux voix de Serge Dassault. Ou encore l’évasion fiscale de Jérôme Cahuzac et les accointances mafieuses de Christian Estrosi.

Face à ces révélations, qui impliquent de façon récurrente, chefs de partis, députés, ministres et parfois même ex-Président, les électeurs peuvent se demander si les pourfendeurs du « tous pourris » n’auraient finalement pas raison.

Un personnage politique peut-il être honnête ?

Alors est-ce qu’homme politique doit afficher zéro déboires judiciaires ?

Entre le Front national, le Parti Socialiste et Les Républicains, les condamnations et mises en examens sont difficiles à compter et les membres du gouvernement n’en sont également pas dispensés.

Et si, en avril 2012, François Hollande avait déclaré au Journal Du Dimanche, « Moi président, je m’engage à ne pas m’entourer de personnes jugées et condamnées », très vite son gouvernement s’est vu entaché de quelques condamnations et scandales retentissants.

Ainsi, dans ce climat marqué par les affaires, la probité et la transparence sont devenues des thèmes forts de campagne.

Pourtant, une étude d’opinion menée par Cevipof le 8 février dernier a montré que l’honnêteté arrivait en tête des justifications avancées par les sondés pour expliquer en premier lieu le degré de confiance que les Français ont dans les responsables politiques. Elle est suivie, dans l’ordre, par le fait d’être à la hauteur de ses fonctions (19 %). Puis par le fait de tenir ses promesses (14 %). Ensuite, par la bonne connaissance des dossiers (12 %). Enfin par la proximité sociale entre les élus et les citoyens (8 %).

On observe également que 12 % des sondés ne savent pas du tout ce qui peut les pousser à faire ou non confiance à un responsable politique.

On ne peut donc pas réduire la question de la confiance, ou inversement du « divorce entre les Français et leurs élites », à la seule question de leur honnêteté.

L’honnêteté ne paye pas

Les Français ne semblent donc pas attendre de leurs hommes politiques qu’ils soient honnêtes.

On se rappelera par exemple, les frais de bouche de la Mairie de Paris. Ou encore les billets d’avions payés en liquide de Jacques Chirac. L’ancien président de la République avait même été caricaturé par Les Guignols en Super Menteur en 2001. Il fut pourtant réélu l’année suivante.

Plus récemment, on a pu constater que François Fillon ne s’était pas effondré dans les sondages depuis le feuilleton sur l’emploi présumé fictif de son épouse, et les stages surpayés de ses enfants. Il a simplement perdu quelques points et sa côte est même remontée.

Par conséquent, les Français considèrent comme acquis que leurs dirigeants soient malhonnêtes et corrompus.

A l’instar de Marine le Pen. Celle qui joue habilement sur la victimisation et le complot ne semble pas atteinte par une défection de son électorat lors de la divulgation des affaires qui la préoccupent.

Au contraire, les récents dossiers judiciaires qui éclatent en pleine campagne sont interprétés comme des tentatives du système de l’entraver. Et la candidate du Front national en fait allègrement un argument politique.

Ces arguments fonctionnent puisque Marine Le Pen bénéficie du plus fort taux d’adhésion dans cette course à la présidentielle. Ainsi, dans un récent sondage de l’institut BVA-Salesforce, publié samedi 11 mars, 80% des personnes interrogées qui lui sont favorables sont certaines de voter pour elle. De plus, ils affirment qu’ils ne changeront pas de candidat, quel que soient les dossiers ou les mises en examen.

Nicolas Sarkozy a déçu, François Hollande aussi, il faut essayer Marine le Pen. Voilà ce que se dit une partie de  plus en plus importante de l’électorat.

Alors, tous pourris ?

Probablement pas. Il n’y a aucune raison solide de supposer que le monde politique attire, plus qu’ailleurs, des personnalités malhonnêtes ou cupides.

Si la France ne connaît pas une situation d’insurrection populaire, la défiance à l’égard des politiques reste un sujet de campagne majeur.

Pourtant, il semble que celui qui sera désigné les Français sera le moins pire, le moins rejeté. Hélas il ne sera pas le plus attendu, et encore moins le plus désiré.

La meilleure illustration reste le cas du candidat Fillon. Malgré les scandales, il reste soutenu par son camp puisque 70% des sympathisants les Républicains veulent qu’il aille au bout. Pourtant, selon un sondage IFOP  en février pour le Journal du Dimanche, 65 % des Français ne le souhaitent pas à la tête du pays.

Finalement, cette défiance envers les politiques et le processus démocratique ne risque-t-elle pas de contraindre les électeurs à se rapprocher des partis extrémistes ?

Article publié le lundi 13 mars 2017 à 16:44, modifications lundi 13 mars 2017 à 16:44

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legros
Invité
legros
oui..surtout les énarques technocrates..rétrogrades mollassons laxistes.?que des mafieux pourries droite gauche.?exemples preuves.les chopé les balladur les hollande les royale..ils on tous des casseroles juridique..les gueand.?ils nous degoute.?VOIR LES DOSSIERS NOIR DE L’ENA.?SUR LE NET..?et vous comprendrez????ses énarques droite gauche sont tous pourries et mafieux.?les preuves ne manque pas.?ils cultive la crise pour mieux manipuler les français.?les preuves ne manque pas.?nous..ont ne vote plus pour subir tous ses chiotte d’énarques pourries mafieux droite gauche qui nous degoute.?comme ce hollande et la royale.?retrograde mollassons laxiste comme la justice..avec leurs politiques de vieux;et leurs systemes de politique a l’ancienne.comme toujours sur 5.ans?le futur… Lire plus »
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