Airbus profite-t-il des déboires de Boeing qui traverse une zone de turbulences ?

Par Lina Djebali Publié le 01/04/2024 à 13:03
Airbus

Le constructeur Boeing peine à se remettre de ses déboires,
Une situation qui est loin d'être avantageuse pour Airbus.

Alors que Boeing est plongé dans la tourmente, son rival Airbus semble tirer profit de ces malheurs. Mais est-ce vraiment le cas ?

Depuis quelques années, Boeing traverse une période critique. Les incidents impliquant son modèle 737 MAX ont conduit les autorités américaines de l'aviation civile à mener un audit, dont les conclusions sont accablantes. Pendant ce temps, Airbus continue sur sa lancée et se positionne en leader mondial. Mais cela signifie-t-il qu'Airbus se réjouit des difficultés de son rival ?

Boeing accumule les revers

Le 737 MAX est depuis longtemps au cœur de scandales, mais l'incident récent avec Alaska Airlines a été le coup de grâce. En début d'année, la porte de l'appareil a été arrachée en plein vol. Cet événement a déclenché un examen approfondi révélant de nombreuses lacunes dans les processus de fabrication de Boeing. Ce dernier doit maintenant proposer un plan d'actions correctives pour résoudre ses problèmes de contrôle qualité.

Cette situation a eu des répercussions sur la trésorerie de l'entreprise. En effet, selon La Dépêche, Boeing « a enchaîné cinq exercices consécutifs dans le rouge, et compose désormais avec une dette nette de 40 milliards de dollars ». On pourrait croire que cela est avantageux pour Airbus qui est déjà en avance, or ce n'est pas le cas.

Airbus a besoin de la présence de Boeing

Malgré les failles constatées chez son concurrent américain, sa disparition n'est pas à l'ordre du jour. Bien que de nombreuses compagnies lui fassent désormais défaut, Boeing continue à enregistrer des commandes. Comme le souligne la même source : « Les crashs du 737 MAX, son immobilisation forcée, et le retard pris sur les programmes 777X et MAX-10, n’ont pas entraîné d’annulations en cascade (...) Boeing a même enregistré l’an dernier moins d’annulations qu’Airbus, 160 contre 225 » Boeing est donc loin d'être hors course, ce qui joue en faveur de son rival.

Airbus, qui compte 8500 avions dans son carnet de commandes, ne pourra pas livrer les premiers exemplaires avant 6 ans. Il est à noter que le constructeur européen est confronté à une pénurie de main-d'œuvre et à des difficultés d'approvisionnement, ce qui pourrait entraîner des retards de livraison. Dans ce cas, « les clients pourraient alors être tentés d’aller voir la concurrence. Pour ne pas crouler sous les commandes et livrer ses avions à une échéance raisonnable, Airbus a donc paradoxalement besoin que Boeing récupère une partie du marché ».

Diplômée d’un master en Finance d’entreprises et rédactrice de profession, j'apprécie le fait de partager mes connaissances et les dernières actus a travers mes écrits.