Insolite : l'air pur augmente les risques d'incendies, selon cette étude

Par Nassim Terki Publié le 08/06/2024 à 09:00
Qualité De L’air Et Incendies

Une étude révèle un lien inattendu entre qualité de l'air et fréquence des incendies. Quelles solutions pour protéger nos écosystèmes ?

Une étude révèle un lien inquiétant entre la qualité de l'air et l'augmentation des incendies de forêt, dévoilant l'urgence d'agir sur les émissions de gaz à effet de serre et d'aérosols.

Un équilibre fragile, l'air pur contre les flammes dévastatrices

Une étude menée par l'Université Riverside de Californie révèle un lien inquiétant entre l'amélioration de la qualité de l'air et l'augmentation de la fréquence des incendies de forêt, en particulier dans les régions forestières du nord. Selon cette étude, publiée récemment, agir uniquement sur la réduction des aérosols ou des émissions de gaz à effet de serre (GES) pourrait accentuer le risque d'incendies. Pour contrer cette menace, il est impératif de combiner les deux actions : réduire la pollution par les aérosols tout en concentrant nos efforts sur la diminution des émissions de GES.

Les aérosols, ces petites particules en suspension dans l'air, jouent un rôle crucial. Certains sont naturels, comme la poussière et le sel marin, mais d'autres, d'origine anthropique, sont issus de la combustion des énergies fossiles, notamment le charbon. Ces aérosols ont la capacité de réfléchir la lumière du soleil, ce qui rend les nuages plus brillants. Ainsi, une réduction des aérosols permettrait à davantage de rayonnement solaire d'atteindre la surface de la Terre, ce qui peut avoir des conséquences sur les écosystèmes forestiers.

Cette recherche met en lumière le besoin de trouver un équilibre entre la préservation de la qualité de l'air et la protection des forêts, en particulier dans les régions situées aux latitudes septentrionales de la Russie, de la Scandinavie, du Canada et de l'Alaska. Il est essentiel d'agir de manière holistique pour préserver notre environnement et lutter contre les incendies de forêt qui menacent ces écosystèmes précieux.

Les GES sous le feu des projecteurs

Le méthane, gaz incolore et inodore, est un composé redouté pour sa propension à provoquer des explosions. Associé au dioxyde de carbone, ces gaz à effet de serre ont connu une croissance alarmante au cours des 150 dernières années, en grande partie à cause encore des activités humaines. Cette hausse a catalysé l'effet de serre, engendrant des bouleversements climatiques significatifs.

Les vagues de chaleur et les épisodes de sécheresse, désormais plus fréquents qu'il y a 50 ans, ont contribué à l'accumulation de matières combustibles dans les écosystèmes, augmentant ainsi le risque d'incendies de forêt.

Pour éviter une augmentation des incendies à l'avenir, il est urgent de réduire les émissions de méthane provenant de divers secteurs tels que l'agriculture, l'élevage, les décharges et la combustion de combustibles fossiles. Le méthane est un gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le CO2, mais il a une durée de vie plus courte. En réduisant les émissions de ce dernier à un niveau compatible avec une augmentation de la température de la planète de 1,5°C, nous pourrions bénéficier de nombreux avantages pour la santé humaine, les écosystèmes, la sécurité alimentaire et nos économies.

Plus de 150 pays ont adhéré à l'Engagement Mondial sur le Méthane en 2023, s'engageant à réduire les émissions de méthane d'au moins 30 % par rapport aux niveaux de 2020 d'ici 2030. Ces pays représentent plus de la moitié des émissions mondiales de méthane d'origine humaine.

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