Actualité

Yémen : L’épidémie de choléra échappe à tout contrôle

Alors que l’OMS et les ONG envoient des médicaments et du matériel depuis un mois au Yémen, l’épidémie de choléra continue à se propager.

Déjà rongé par la guerre, le Yémen est également ravagé par le choléra.

En effet, le nombre de cas présumés de malades a dépassé le seuil des 100.000 depuis le début de l’épidémie le 27 avril, a annoncé, ce jeudi 8 juin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

À ce jour, 101.820 cas suspects de choléra et 789 morts ont été enregistrés dans 19 gouvernorats (sur 23).

A déclaré Tarik Jasarevic, le porte-parole de l’Organisation mondiale de la santé.

300.000 cas attendus d’ici 6 mois

Ainsi, l’épidémie de choléra qui a commencé en octobre 2016 s’était largement propagée en décembre. Sans perdre en intensité, elle n’a jamais été entièrement sous contrôle.

Or, en avril dernier, elle avait connu une recrudescence fulgurante.

Le précédent bilan de l’organisation publié mardi faisait état de 681 personnes décédées depuis le début de l’épidémie et plus de 86.000 cas présumés enregistrés entre le 27 avril et le 4 juin.

Le nombre de cas pourrait atteindre les 300.000 dans les six prochains mois. Et le prix à payer en termes de vies humaines sera extrêmement élevé.

A prévenu le mois dernier le représentant au Yémen de l’OMS, Nevlo Zagaria.

En outre, les structures de santé, dévastées par plus de deux ans de conflit, sont incapables de contenir la catastrophe.

En effet, la guerre au Yémen a dévasté les infrastructures de santé du pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, et aggravé les conditions générales d’hygiènes des Yéménites.

Originaire du delta du Gange, le choléra est transmissible par l’ingestion de la bactérie V.cholerae. Dans les zones à risques, cette bactérie se retrouve dans l’eau et les aliments contaminés. Les malades sont alors pris de sévères diarrhées et se déshydratent très rapidement.

Pour venir en aide aux autorités locales, les équipes de l’agence onusienne multiplient l’envoi de cargos remplis de médicaments, de kits contre le choléra. Mais aussi de lits et de chlore pour assainir l’eau.

Ainsi, des milliers de tonnes de matériel sont également envoyés par les organisations non gouvernementales présentes sur place, comme Médecins Sans Frontières ou la Croix Rouge.

L’OMS cherche aujourd’hui à déterminer si l’épidémie actuelle est une continuation de celle du mois d’octobre 2016, ou si elle est issue d’une souche différente, entraînant…

La famine, l’autre menace qui touche le Yémen

A cette épidémie s’ajoute l’une des pires catastrophe humanitaire : la famine.

En effet, la sécurité alimentaire de 17 millions de personnes sont menacées. 6,8 millions de Yéménites sont « à un pas de la famine », a rappelé, le 31 mai, le coordinateur des secours d’urgence des Nations unies, Stephen O’Brien.

Pour pouvoir enrayer la catastrophe, l’organisation caritative Oxfam a réclamé un cessez-le-feu pour accéder à la population.

Le choléra est facile à traiter et à prévenir. Mais si les combats continuent la tâche sera deux fois plus difficile.

A prévenu Sajjad Mohammed Sajid directeur du bureau d’Oxfam au Yémen.

Car l’épidémie de choléra aggrave la malnutrition des habitants. Les rares marchés ne peuvent plus vendre de fruits, de légumes et de produits frais. Une interdiction qui s’ajoute à la pénurie de nombreuses denrées alimentaires.

Dans cette situation épouvantable les enfants sont les premières victimes et encourent un danger particulièrement grave.

Ainsi, les estimations de l’ONG font état de 462.000 enfants de moins de cinq ans en danger de mort immédiate liée à la malnutrition.

Publié le vendredi 9 juin 2017 à 11:03, modifications vendredi 9 juin 2017 à 7:37

Vous aimerez aussi

Participer:

Proposer une correction Ecrire un article sur le sujet

Suivez-nous:

Discuttez !