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Victime de pédophilie quand il avait 13 ans, un journaliste d’iTélé livre un témoi­gnage poignant

Adrien Borne, journaliste qui co-présente la tranche informations du midi sur la chaîne iTélé brise un tabou dans un message publié sur Facebook. Victime d’actes pédophiles, il raconte son calvaire, révèle ses regrets d’avoir gardé le silence durant vingt années et invite les autres victimes à parler de leur souffrance et à dénoncer ces atrocités.

Lundi 11 avril, le journaliste d’iTélé Adrien Borne a publié un message fort sur son compte Facebook. L’actuel co-présen­ta­teur du Duo de l’Info a rendu public son passé de victime d’actes pédophiles. En quelques phrases poignantes, il révèle l’horreur qu’il a vécu, la culpabilité de n’avoir rien dit à l’époque et encourage les autres victimes à parler.

[…] Pendant 20 ans je n’ai rien dit, justement. Un long silence. Abrutissant. Épuisant.
Vous dire que, soudain, au détour d’une vie qui n’avait rien demandé, ont débarqué avec force et fracas les mots, les gestes, la honte et la douleur. Qu’il faut se souvenir pour ne pas trahir ceux qu’on aime. Qu’il faut raconter, 20 ans après, ce que jamais les mots ne suffiront à raconter.

A l’époque des faits, l’homme n’avait que 13 ans. Il décrit les agissements de son bourreau.

Je voulais vous dire…
Vous dire que, comme d’autres, j’ai été abusé par un homme que le terme générique regroupe dans la catégorie pédophile. Comme il parait simple de condenser une telle horreur.
Vous dire que je n’avais que 13 ans, que j’étais dans une colonie de vacances et que pendant une dizaine de jours, il est entré tous les matins dans ma chambre.
Vous dire que je n’ai pas bougé. Jamais. Pas crié. Jamais. Pas respiré. Jamais. Il repartait, toute la journée. Il rodait. Pour recommencer ensuite.

N’en ayant pas parlé plus tôt, le journaliste regrette son long silence qui n’a que trop duré :

Vous dire que je n’ai pas porté d’accusations. J’ai oublié son nom et son visage. Oublié le superflu pour ne garder que l’humiliation. A ce jour il a peut être recommencé, fait encore plus mal et je n’ai rien fait pour l’en empêcher. A ma souffrance vient donc s’ajouter la culpabilité de ne pas avoir parlé, à l’époque. De ne pas avoir eu ce courage. Dire que notre enfance n’est pas un terrain de jeu pour adulte. Dire que nous rendrons les coups.

Pour finir par inciter les victimes à dénoncer les coupables, tant qu’il en est temps :

Te dire que je veux te parler à toi, victime de leurs mains et de leur sentiment de puissance. Te dire que nous ne périrons pas de leur violence. Qu’il ne faut pas avoir peur de hurler, ne pas avoir peur de chuchoter ou de murmurer, ne pas avoir peur de nommer. Non. Pour toi et pour les autres que tu sauveras. Il faut dire. Dire encore. Dire que notre enfance n’est pas un terrain de jeu pour adulte. Dire que nous rendrons les coups.

Découvrez l’intégralité de son message :

https://www.facebook.com/adrien.borne.7/posts/10157056820140508?pnref=story

Publié le mercredi 13 avril 2016 à 9:36, modifications mercredi 13 avril 2016 à 8:29

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