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Crise au Venezuela : Malgré la situation catastrophique, les riches s’offrent des cocktails au buddha-bar!

le Buddha-Bar s´est installé en Amérique du Sud, et pas n’importe où à Caracas au Venezuela. Alors que le pays fait face à une grosse crise politique et économique, certains privilégiés oublient, le temps d’un cocktail, la situation gravissime de l’endroit où ils vivent.

STORY - Episode 7/17

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Malheureusement quand l’argent dirige le monde, même dans un pays en pleine anarchie, les riches s´en sortent toujours. Ainsi dans un pays  ruiné par la chute des cours du pétrole, des aliments basiques comme la farine ou le sucre sont très rares. Cependant on y trouve un établissement en plein Caracas. Celui-ci est connu pour être un Temple du luxe dans différents endroits du monde: le Buddha-Bar. Un paradoxe alors qu’une violente crise politique et économique touche le Venezuela. En effet tandis que certains sirotent des cocktails d’autres manifestent presque tous les jours depuis deux mois et demi. Le pays est complètement en stand-by et les violences autour des rassemblements ont déjà fait plus d’une soixantaine de morts.

Un moment de détente au milieu du “chaos”

Le propriétaire de l’établissement, Cristhian Estephan, est formel: “Vous profitez à Caracas de la même chose qu’à New York, Dubaï, Saint-Pétersbourg”. Ainsi, alors que dehors le peuple se bat pour un morceau de pain, ici défilent des plats alléchants comme le thon “Bouddha roi”, des côtes de porc grillées aux douze épices ou des tacos de mérou aux trois piments. Incroyable mais vrai.

Certains clients , riches mais qui sont contre le gouvernement se battent la journée et viennent se relaxer la nuit comme explique Ahisquel, femme d’ un riche directeur de production d’une compagnie pétrolière internationale:

 Nous, la journée, on lance des pierres. Et la nuit, on vient ici

Après avoir participé aux manifestations, c’est bien d’avoir un petit moment de détente, même si la vraie détente, on ne l’aura pas tant que ce gouvernement ne s’en ira pas

Le dollar dirige le pays

Les Vénézuéliens les plus aisés souffrent eux aussi des pénuries et de l’inflation galopante. Par contre ils ont la chance d’avoir accès aux dollars. Cet avantage leur permet de supporter beaucoup plus facilement cette situation. Ainsi eux  vivent dans l’autre Venezuela, celui des restaurants et bars à la mode, toujours pleins malgré la crise. Une sorte de “bulle” loin de la réalité. l’époux d’Ahisquel affirme:

dans ce pays, si tu n’es pas payé en monnaie étrangère, c’est impossible de vivre, le bolivar perdant constamment de sa valeur.

Beaucoup de riches Vénézuéliens ont déjà quitté le pays. Quand le défunt ex-président Hugo Chavez (1999-2013) a entamé sa révolution bolivarienne, ils ont pris la direction de Madrid, Los Angeles ou Miami.

Un état soutenu par certains milliardaires

Certains milliardaires eux restent sur place car évidemment ils ont du pouvoir. La société de sondages Datanalisis a calculé que les riches représentent 16% de la population au Venezuela. Selon les experts, il s’agit en majorité de “Bolibourgeois”, des personnes qui ont beaucoup gagné sous le gouvernement chaviste, dont l’homme d’affaires Lorenzo Mendoza, l’un des hommes les plus fortunés du pays. Celui-ci même influence complètement l’économie du pays.  la sociologue Colette Capriles, de l’université Simon Bolivar explique:

C’est un socialisme qui a produit des milliardaires très puissants, majoritairement des fonctionnaires du gouvernement ou des partisans de celui-ci, et ils constituent actuellement l’un des principaux soutiens de l’exécutif

La structure de la richesse au Venezuela est celle d’un Etat rentier, dépendant du secteur pétrolier. L’Etat est celui qui distribue cette rente et le gouvernement chaviste l’utilise pour favoriser ceux qu’il faut favoriser

Leur bonne fortune tourne autour de l’industrie pétrolière, dans ce pays aux plus grandes réserves de brut de la planète.

Des sorties chères et risquées

Pour la très grande majorité des habitants, les prix des restaurants sont tout simplement prohibitifs. Au Buddha-Bar, huit sushis de saumon et langoustine coûtent 55.700 bolivars, soit plus du quart du salaire minimum mensuel qui est de 200.000 bolivars, soit 91 dollars au taux officiel le plus élevé et 24 au marché noir. De plus le soir, la simple idée de sortir dans la rue fait peur: Caracas devient une ville fantôme. Il faut savoir que le Venezuela a le taux d’homicides parmi les plus élevés du monde (70,1 pour 100.000 habitants en 2016).

Malgré tout  Cristhian Estephan affirme que “la classe aisée ne renonce pas à sortir” .Ceci dit, il reconnaît tout de même une baisse de la vie nocturne depuis le début de la vague de manifestations le 1er avril. Pourtant il reste plein d’optimisme et est sûr que bientôt, cela reviendra à la normale:

C’est dans les pires moments que les gens se rencontrent ou se marient. Les gens mangent, le show doit continuer.

Publié le mercredi 21 juin 2017 à 10:03, modifications jeudi 10 août 2017 à 16:24

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