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Val-d’Oise : la préfecture consent à revoir le dossier d’Aymen, mais seulement si son sauvetage d’enfants est prouvé

La récente médiatisation de l'affaire incite la préfecture à réétudier le dossier

La préfecture du Val-d’Oise est disposée à revoir le dossier de régularisation d’Aymen. Mais seulement “s’il est confirmé que ce jeune sans-papiers a sauvé des enfants”.

Hier, nous vous parlions de l’affaire Aymen, du nom d’un informaticien tunisien en situation irrégulière. Avec l’aide de deux amis, le jeune homme de 25 ans sauvait des enfants d’un incendie en 2015 à Fosses.
Pierre Babos, maire de la commune, récompensait le trio trois semaines après les faits. Puis, l’élu du Front de Gauche allait plus loin, en appuyant le dossier de régularisation d’Aymen auprès de la préfecture du Val-d’Oise.
Toutefois, les choses ne se passent pas comme pour le médiatisé Mamoudou Gassama. La préfecture du Val-d’Oise refuse à Aymen toute entrée dans la légalité, y compris à titre exceptionnel. Son avocate, Maître Philippine Parastatis dénonçait dans la presse une incohérence.

Aymen, un cas different de celui de Mamoudou Gassama ?

Une obligation de quitter le territoire français ou OQTF. Le héros de Fosses n’avait reçu que cela en guise de réponse. Évidemment, pour ses soutiens, cela ne passe pas.
En chef de file, son avocate qui remet en cause “le deux poids deux mesures” en fonction de la viralité d’un acte de courage ou non. Sans ambages, elle interpelle le président de la République. Elle veut savoir si, pour être admis au titre de séjour sur exception, il faut avoir été filmé.

Je lance un appel au président de la République afin d’être reçue et pour qu’il m’explique comment hiérarchiser les actes de bravoure

Vague de soutiens pour Aymen, la préfecture réagit

Depuis la révélation par Le Parisien il y a deux jours, les médias français se sont emparés de l’affaire. En conséquence, une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Anonymes, politiques ou figures militantes, beaucoup n’ont pas hésité à mettre en exergue la nécessité de traiter l’héroïsme d’Aymen Latrous avec la même déférence qu’a eue Mamoudou Gassama. Ainsi, l’activiste afro-feministe Rockhaya Diallo, le sénateur LR Roger Karoutchi ou encore l’écrivain et psychanalyste Gérard Miller sont au nombre des voix qui s’élèvent.

Ainsi, la mobilisation a permis de faire réviser sa position à la préfecture. La directrice de cabinet du préfet du Val-d’Oise assure désormais pouvoir réexaminer le dossier. À condition, précise-t-elle, que les preuves soient réelles :

On s’efforce de rassembler le maximum d’éléments corroborant cet acte de bravoure, notamment auprès des pompiers, pour prendre une décision sur l’abrogation de l’OQTF, ce qui devrait être fait dans la journée.

Aymen, le jeune tunisien de 25 ans, est arrivé en France en 2013 pour y “travailler” et “y construire ma vie”.

Publié le mardi 5 juin 2018 à 8:29, modifications mardi 5 juin 2018 à 8:28

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